L’Aura à l’ère des singularités numériques

Résumé: Walter Benjamin proposait la notion d’aura pour caractériser l’authenticité de l’œuvre d’art artisanale, en opposition avec le dynamisme du cinéma, œuvre industrielle. En étendant l’idée d’aura à la mémoire des trajets historiques accompagnant les productions culturelles, la nouvelle disponibilité des œuvres dans l’espace numérique pose la question de l’évolution de leur réception. Entre socialisation des singularités et algorithmes, les formes d’accompagnement attentionnel connaissent aujourd’hui une mutation historique. Celle-ci un élément-clé de la recomposition du paysage culturel.

Vidéo de mon intervention dans le cycle «Les mondes numériques de l’art contemporain», organisé dans le cadre de PSL, le 14 avril 2016 à l’Ecole normale supérieure (2h15).

Le selfie, pathologie et emblème de la photographie connectée

Intervention dans le cadre de “Photography (today)”, Paris Photo, Grand Palais, 14 novembre 2014 (38 mn).

Le terme “selfie” correspond à un processus d’identification tardif d’un groupe de pratiques photo ou vidéo réflexives, lié à l’émergence d’une esthétique de la subjectivité. Cette communication montre que le déclencheur du phénomène est une controverse médiatique, qui s’apparente à une panique morale. La dénonciation en 2013 du caractère narcissique de l’autoreprésentation ou de l’irrespect des valeurs et des normes présente le selfie comme une subculture. Cette condamnation entraîne une réponse d’adhésion à un geste désormais identifié comme une signature impertinente et progressiste. Vecteur de sa promotion, la controverse consacre le selfie comme une forme culturelle à part entière, et l’impose comme la pratique photographique la plus représentative de l’expression visuelle contemporaine.

MàJ: Version rédigée: “La consécration du selfie. Une histoire culturelle”, 28/04/2015.