Les formats courts ne sauveront pas l’info

Attesté par la multiplication de leurs producteurs, le succès des clips d’information, sur le modèle de Now This (2012) ou de Brut (2016), ne se dément pas, et semble incarner l’avenir du journalisme1. Triomphe de l’image et de l’immédiateté, désaffection pour la lecture et le temps long: les formats courts paraissent apporter une confirmation éclatante des thèses héritées de McLuhan, qui opposent graphosphère et vidéosphère2.

Pourtant, si l’on quitte le terrain du débat théorique pour observer de plus près ces productions, on s’aperçoit que leur ressort principal, plutôt que sur le versant de l’image, est résolument situé du côté du discours, de la déclaration choc ou de la petite phrase.

Examinons un exemple récent, qui a provoqué une discussion abondante sur les réseaux sociaux: l’extrait proposé par le nouveau venu Loopsider de l’entretien de la journaliste Caroline Broué avec l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, invitée d’honneur de la 3e Nuit des idées, le 25 janvier au Quai d’Orsay.

 

D’une conversation de plus d’une heure et demie, Loopsider ne retient qu’une question: celle, particulièrement maladroite, de la journaliste, qui tente de relancer dans un sourire son interlocutrice par un: «Y a-t-il des librairies au Nigeria?».

Convaincue qu’il était impossible de prendre son interrogation comme l’expression au premier degré d’une ignorance raciste et colonialiste, dans le contexte de la réception cultivée du ministère des Affaires étrangères, Caroline Broué n’a pas mesuré le caractère choquant de sa boutade dans le cadre conflictuel du débat antiraciste. Laissant sans réponse le clin d’oeil de la journaliste, Chimamanda Ngozi Adichie réplique qu’elle donne une pauvre image des Français par cette question.

Rediffusée plus de 3740 fois sur Twitter et 9000 fois sur Facebook, la vidéo suscite un torrent de réactions indignées et apporte au  jeune média, lancé en janvier, son premier succès viral. Cette maladresse méritait-elle une telle exposition? Un compte-rendu détaillé de la séance proposé par Le Point Afrique, sur 89 lignes de texte, n’en accorde de son côté que 6 à la question malheureuse. Il est triste «qu’un événement incroyablement riche et stimulant soit réduit à une petite phrase livrée à la vindicte du clic», regrette une participante.

Cette réduction illustre pourtant la loi du genre. Comme le suggère le titre de «Brut», soit la restitution sans filtre d’une réalité, la stylistique de l’enregistrement audiovisuel, renforcée par l’effacement des instances de l’énonciation (pas de médiation incarnée ni de commentaire en voix off), donne l’illusion au spectateur d’avoir été témoin de l’événement. Pourtant, derrière la signature documentaire, l’impératif de rediffusion virale qui régit la production prescrit un ensemble de choix narratifs très contraignants.

L’autonomie de la séquence oblige à sélectionner une information autosuffisante et lisible. Sa brièveté interdit tout sujet complexe, et impose une montée en généralité qui est la clé de lecture du format. Dans le cas de l’échange de la Nuit des idées, c’est la grille de la critique du racisme qui assure l’intelligibilité de l’anecdote, métamorphosée en conte moral allégorique. Le caractère provocant du dérapage fournit l’ingrédient indispensable de la viralité: l’indignation attisée par les apparences de la condescendance postcoloniale.

L’irruption des formats courts – que l’on pourrait appeler docuviraux –, a fait passer un souffle d’air frais dans le paysage d’un journalisme trop uniforme, en redonnant une valeur à l’information par le renouvellement des sujets et par une éditorialisation orientée vers un public jeune. Contrairement aux apparences, l’économie incertaine du format bride néanmoins le développement d’une production audiovisuelle autonome, et encourage le recyclage de séquences télévisées ou d’enregistrements existants, remis en forme par le légendage et l’illustration musicale.

Mais le principe de recourir à la diffusion virale par l’intermédiaire des réseaux sociaux soumet plus qu’aucun autre ce média aux travers de l’économie de l’attention, c’est-à-dire aux réflexes d’une éditorialisation piège-à-clics, au risque de l’instrumentalisation ou de la caricature. Renforcée par son alliance avec l’interaction numérique, l’industrialisation de la conflictualité n’apparaît pas comme un horizon, mais bien comme une limite du journalisme.

  1. Xavier Eutrope, «Brut, Explicite, Minute Buzz: le pari des médias 100% réseaux sociaux», InaGlobal, 15/05/2017. []
  2. McLuhan opposait la galaxie Gutenberg à la galaxie Marconi. Régis Debray a toiletté cette antithèse, transformée en triade (logosphère/graphosphère/vidéosphère). []

12 Commentaires

  1. Ces clips d’information, dans leur réduction grossière et leur attachement à « la petite phrase » (modèle venu de certaines émissions de Canal + ou de C8, dans le style « zapping ») ne menacent pas le journalisme : ils en sont un pauvre ersatz pour gens pressés mais n’empêchent pas de s’informer ailleurs et autrement… :-)

  2. Est-ce qu’il ne faudrait pas distinguer le format court de la déclaration choc / petite phrase?
    Le déclaration choc / petite phrase participe d’une sorte de plaisir collectif à partager son indignation qu’Internet a rendu possible. Cette petite phrase serait probablement ressortie en citation ou en Gif sur Twitter si elle n’avait pas été reprise par Loop. Et elle aurait suscité le même enthousiasme dans la détestation partagée. Parfois il s’agit de démolir un adversaire politique, le plus souvent de communier dans le plaisir d’appartenir aux forces du bien. Il y a peut-être aussi un peu de schadenfreude dans cette unanimité contre un individu.
    Le format court nous renvoie à la façon dont nous consommons l’information. Sur un ordinateur on est multi taches, multi écrans. L’information doit elle entrer dans ce mode de consommation, (quelque soit le support d’ailleurs, Le Parisien édition papier a peu de longs articles) et ce faisant alimenter encore plus cette difficulté de l’information longue, ou entrer en résistance ?

  3. J’emploie ici l’expression « formats courts » pour désigner ce genre encore non nommé, mais clairement identifié, des docuviraux. La brièveté est évidemment un facteur qui pousse à la sélection de la déclaration choc/clash/petite phrase, expression qui combine plusieurs avantages: production peu coûteuse, valeur d’information, autonomie du contenu, mais aussi potentiel conflictuel élevé, clé de sa prosécogénie sur les réseaux sociaux…

  4. Merci André pour ce très intéressant billet. En toute transparence, je m’exprime du côté éditeur, média.

    Au départ, NowThis et AJ+, aux USA, ont inventé ce nouveau format pour diffuser des vidéos sur Facebook (vers 2014-15, de mémoire). De l’air frais, sans nul doute, comme tu le soulignes. Les médias européens ont embrayé.

    Brut a bien réinventé/adapté ce format (et quelques autres vieux médias aussi parfois ;)). Je vois moins de déclarations choc (il y en a, c’est vrai) que de sujets pédagos.

    La dernière vidéo de Brut évoque « Mai 1967, le massacre oublié qui a touché la Guadeloupe ». Est-ce que cela sera le cas au JT ce soir ? Je n’en suis pas certain.

    On touche là un point fondamental : la multiplication des médias. C’est quelque chose de très vivifiant, de toujours bon pour la démocratie, quand certaines règles de base sont respectées tout du moins.

    En 2001, j’ai assisté à une conférence d’un directeur de la rédaction de TF1 qui disait : « Un reportage qui ne passe pas au 20h de TF1 n’existe pas ». C’était avant Brut, et c’était brutal, mais assez réaliste : le 2e JT de France était loin derrière. Il n’y avait pas de site d’info développé. Encore moins de sources d’info vidéo alternative. Et on devait subir des conducteurs où des tonnes de thèmes n’étaient jamais abordés, au nom du plus petit dénominateur commun, l’audience étant large, écrasante, perçu comme peu réceptive à certains sujets, et le JT limité à 30 minutes.

    Autre point important : on ne parle que de Facebook et twitter, où, il est vrai, les utilisateurs sont assez zappeurs. Ce n’est pas le cas de YouTube, ou encore de ce que l’on voit sur nos sites internet. D’ailleurs, AJ+ mise sur des sujets longs sur YT, après avoir tout misé sur des sujets courts sur Facebook.

    A l’Obs, on a pu diffuser des vidéos de scientifiques (comme Pablo Servigne, auteur de « L’Entraide, l’autre loi de la jungle » (éd. Les Liens qui Libèrent) de 8 min, avec un très gros succès en terme d’audience. Avec un lien vers un article plus long. Pareil pour un médecin alertant sur le cas des aliments ultra-transformés, renvoyant vers un article de 30.000 signes. L’intelligence se partage aussi. La vidéo peut avoir comme rôle d’alerter, sans être exhaustive, et renvoyer vers des articles plus complets.

    Encore autre chose, sur ce thème vidéo / écrit. Est-ce que l’image tue la lecture ? Rien n’est moins sûr. Dans le dernier rapport du Reuters Institute, on voit que le texte reste le format le plus consommé. La vidéo est appréciée pour apporter un élément de contexte (le policier avait-il un taser ou un pistolet ?), ajouter de « la réalité aux événements », et, ok, du « drama », de l’émotion. Page 19 : https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/sites/default/files/Digital%20News%20Report%202017%20web_0.pdf

    Dernière chose : l’ergonomie. Pour moi, la petite vidéo carrée, sous-titrée, lors de cette période 2015 – 2017 reste un grand succès en terme d’ergonomie et d’impact (contrairement à, par exemple, le webdoc ou la dataviz). L’adhésion fut immédiate (sur Facebook). Pourquoi ? Pour moi, la petite vidéo carrée, sous-titrée, remplace la brève. Pour lire les mêmes infos, tu cliquais sur un lien, attendais le chargement, lisais une brève de 200-500 signes, voire, disons, 1500 signes. C’est à peu près l’équivalent du temps de consultation d’une vidéo de 50 secondes – 1 minute. Ce format se lit particulièrement bien sur mobile, avec une typo et une police ad hoc et des montages rythmés.

    Cela faisait un peu « info pour paresseux », mais après tout, quand tu tournes le bouton de ta radio, tu t’attends à des journaux adaptés, compréhensibles à l’oreille, avec des mots bien articulés et des phrases simples. Après, tu peux avoir des brèves exclusives, inédites, très intéressantes, et d’autres qui le sont moins. Tu peux aussi avoir des brèves bien rédigées, d’autres moins. Et des vidéos avec des images pertinentes et un montage travaillé, et d’autres fabriquées par des robots, on est d’accord (ou pas ?).

    Enfin, enfin, il y a des temps pour tout. Faire un sujet court n’est pas sale. Dans un journal tu as des brèves et des sujets plus longs. On n’attend pas d’un quotidien les mêmes articles qu’un newsmag. L’exemple d’AJ+ montre que tu peux faire des sujets courts, et d’autres longs (ou encore : bifurquer avec le temps).

    On peut le regretter, mais sur les réseaux sociaux, qui ne sont pas des plateformes vidéos, le temps d’attention est court. Sur les plateformes, c’est différent, et les Youtubers font souvent des vidéos de 10, 20 ou 30 minutes… qui ne sont pas toujours un gage de qualité.

    A ton écoute,
    Aurélien

  5. Cher Aurélien, merci pour ton commentaire précieux, de la part d’un explorateur de ces formats! On est d’accord sur la plupart des points. D’abord, bien sûr, aucune restriction ni condamnation a priori de l’image – au contraire, mon regret à propos des docuviraux serait plutôt d’y voir trop de radio illustrée et moins de recherche visuelle (en fait, l’essentiel du travail graphique est réservé à l’édition et au légendage – autre démonstration que la pseudo-opposition du texte et de l’image ne tient pas).

    Ensuite, le risque du journalisme viral est manifestement du côté de l’effet «poule aux œufs d’or», et de la croyance que son potentiel est dans le format, la brièveté et le montage, alors que son apport a été jusqu’à présent dans le renouvellement des sujets et dans la révision de la hiérarchie de l’info. Ce n’est pas ton cas, mais les entreprises qui misent tout sur le format court me paraissent victimes d’une illusion d’optique, liée à la nouveauté du genre – qui le réserve pour l’instant à des médias ou des équipes jeunes. Mais quand TF1 ou Le Figaro se mettront de la partie, on pourra vérifier que les habiletés de la mise en page ne suffisent pas à rattraper le conformisme du point de vue.

    En revanche, l’approche que tu décris montre que le format court peut être un élément de renouvellement au sein d’une stratégie globale, en particulier dans l’aller-retour entre brèves et articles longs, quelle que soit leur forme (et j’ajouterais qu’il reste encore dans ces circulations un espace à explorer du côté de l’interaction, par exemple avec des développements pédagogiques).

    Comme tu le dis, faire court n’est pas sale – mais dépendre de la seule diffusion virale paraît un pari risqué. Pour autant que je comprenne l’économie des start-up qui se sont lancés dans le tout-format court, on est pour l’instant dans les dynamiques habituelles de bulle et de fuite en avant pour ramasser la mise. Mais si la monétisation publicitaire, après cette phase exploratoire, se concrétise sous la forme qui est celle actuellement mise en œuvre sur Youtube, les formats courts auront plus à souffrir que d’autres de la pénalisation du pre-roll. Est-ce que je me trompe, ou est-ce que la poule aux d’or n’a pas encore transformé sa valeur attentionnelle en valeur sonnante et trébuchante? J’aimerais bien connaître ton avis sur ce point.

  6. Merci pour cette réponse détaillée et pertinente. Sur la monetisation, tout reste encore fragile (on constate cependant que les sites US mentionnés plus haut existent toujours et même multiplient les verticales), en France apparemment ils sont davantage sur des perspectives de monetisation via le brand content, plutôt que sur du pre-roll

  7. Bonjour André,

    Merci pour cet article intéressant et avec lequel je suis d’accord, en partie.

    Il est vrai qu’il y a un risque de buzzification du propos si le business model est lié à l’audience. Mais attendons un peu de voir la suite du nouveau Loopsider.

    Je ne peux pas croire que ceux qui sont aux manettes n’ont pas un business plan autre que l’inventaire pub, qui est un cul de sac en effet et depuis 2012. Cela ne m’étonnerait pas qu’ils se positionnent comme agence de production video sociale – avec je l’espère plusieurs niveaux de profondeur et de longueur.

    Tout a été dit – et bien dit – quasiment par Aurélien, avec force exemples…

    Sur le fond, la longueur (ou la durée) ne fait rien à la qualité. Il est sûr qu’il me paraît impossible d’entrer dans la complexité des sujets, en moins de 30 secondes.

    Mais cela peut être un teasing pour amener le plus grand nombre à s’intéresser plus en détails à un sujet. C’est comme cela que ‘ai toujours travaillé (chez AOL, AltaVista, Quoi.info…) : progressivité horizontale et verticale de la complexité, double niveau de profondeur et teasing fort en titraille. On n’attire pas les mouches avec du vinaigre.

    J’estime que dans la bataille pour la complexité pour tous, il ne faut pas hésiter à utiliser la guérilla marketing. Les lecteurs duMonde Diplo, Mediapart ou XXI, eux pourront continuer de se délecter de leurs formats longs et arides. Déjà instruits et toujours mieux informés, ils ne sont pas concernés. ^^

    http://www.mediaculture.fr/information-instruction-facebook-google-hanouna/

    A bientôt !

    Cyrille

  8. Excellente analyse. Preuve que le recul est indispensable au travail du journaliste. Et que la forme ne doit jamais dicter le fond. A propos de forme, ce type de vidéo, qui peut être très utile pour compléter des sujets très visuels (loisirs…) est monté avec quel logiciel ? QQu’un a la réponse ? Merci

  9. Je trouve votre billet intéressant mais incomplet ; si certains formats courts, que vous citez, pose effectivement la question de la mise en contexte de l’info, d’autres sont au contraire pertinents comme points d’entrée dans l’actualité.

    C’est le cas de Monkey par exemple, qui via des vidéos de 3 à 5 minutes détaille l’actu via de vrais journalistes et experts. La brièveté d’une vidéo ne l’empêche pas nécessairement d’être pertinente et de prendre du recul.

  10. @Eléonore: « Je trouve votre billet intéressant mais incomplet ». Pour ma part, je trouve étrange que les avocats du format court me reprochent de recourir aux principes qu’ils défendent… ;)

    Je trouve également surprenant de recourir systématiquement à l’argument du court comme incitation à une recherche d’information plus détaillée. D’une part, c’est avouer que la brève est en soi insuffisante, et de l’autre, ça relève tout de même largement du vœu pieux (on cherche en vain un renvoi vers une autre source sur les clips, alors que leur présentation en ligne permettrait de le faire…).

    L’approche que je propose implique justement de ne pas en rester à la seule question de la brièveté ou des autres déterminations du format (que détaille bien Aurélien), mais d’interroger plutôt leur interaction avec l’impératif viral, qui créé de nouvelles contraintes narratives. De ce côté-là, la réponse se fait attendre…

  11. La question de Caroline Broué ne me semble pas ironique. La France a un réseau de librairies très serré grâce à la Loi Lang. Il n’est pas absurde de penser que ce n’est pas le cas pour le Nigéria. La question peut être posée. Chimamanda Adichie ne connaît pas le contexte français, manifestement, et postule que son interlocutrice prend les Nigérians pour des illettrés. De même, il n’est pas stupide de lui demander si elle est lue au Nigéria. On peut être un écrivain célèbre dans le monde entier et peu lu dans son propre pays. Paul Auster doit sa notoriété à son succès initial en France. Ce n’est pas parce que les Américains ne lisent pas Paul Auster qu’ils savent pas lire.
    Pour le reste, votre démonstration conforte mon point de vue et, comme toujours dans vos billets, charpente mon analyse. Ou la forme. Merci.

  12. Caroline Broué et Chimamanda Adichie ont livré leurs propres commentaires de l’épisode sur leur page Facebook. L’interprétation de l’échange n’est donc pas douteuse.

    Pour Caroline Broué:
    « À ma question «Êtes-vous lue au Nigéria?», Chimamanda Ngozi Adichie a répondu (…): «Au risque de vous choquer, oui.» (…) J’ai, je l’avoue, été interloquée, surprise, par cette rupture de ton que je n’ai pas comprise, car c’est une question que je pose souvent aux écrivain·e·s du monde entier, Mal à l’aise, j’ai mal réagi et tenté de répondre par une complicité ironique. Nous venions de passer une demi-heure à parler de sujets intellectuels et littéraires, la discussion était riche, et je lui ai demandé ce qui, pour moi, se voulait une caricature des préjugés: «Est-ce qu’il y a des librairies au Nigéria?».
    https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=324147461413084&id=100014534987639

    De son côté, Chimamanda Adichie explique:
    « I now know that CB was trying to be ironic, to enlighten by ‘impersonating the ignorant,’ but because she had not exhibited any irony until then, I didn’t recognize it. »
    https://www.facebook.com/chimamandaadichie/photos/a.469824145943.278768.40389960943/10155852122575944/

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