Notre-Dame: deuil participatif sur les réseaux sociaux

Le partage de l’émotion à l’occasion d’un traumatisme collectif, rendu visible par les réseaux sociaux: mise en perspective à l’occasion de l’incendie de Notre-Dame. Une discussion de L’Instant M de Sonia Devillers, avec Xavier de La Porte (France-Inter, 16/04/2019).

7 Commentaires

  1. bah peut-être – mais « deuil » n’est-ce pas un tout petit peu excessif ? car enfin de quoi ? de deux mille chênes qui avaient huit siècles ? d’une couverture en ardoise ? d’une symbolique surtout je crois (j’ai vaguement l’impression que cette qualification est un peu usurpée – je comprends (j’ai lu des trucs sur Napoléon (auquel minus veut se comparer quand ce n’est pas Jupiter, les messes etc. etc…) et aussi les malheureux joueurs qui se retrouvent un peu gros jean comme devant avec leur flèche anachronique : d’accord) mais de là à en pleurer…) (nos contemporains sont assez sensibles à certains faits, et bien peu à d’autres, il me semble…) – Est-ce pour faire « nation » à ton idée ? Cimenter (retisser, raccomoder…) un lien social qui se délite de plus en plus (voir le fossé qui se creuse entre ceux qui gagnent 7 millions de l’heure (il va donner sa paye de deux jours, 60% net d’impôts…) et les autres ? )

  2. « Ces images dont on parle ont circulé dans le monde entier cette nuit », mouai, pas sur que ça ait bien circulé dans les foyers des 1,8 milliars de musulmans ou dans les pays où vivent les 1 milliards d’être humains avec moins de 2$ par jour ou encore dans les pays occidentaux à majorité agnostique.
    On est pas sorti de l’auberge.

  3. @PCH: L’incendie n’a été véritablement enrayé qu’hier soir tard (vers 23h). Jusque là, le risque existait que la structure même de l’église souffre, voire que les tours s’effondrent (selon certaines sources, il s’en est fallu de peu, et d’autres affirment qu’il faudra encore du temps avant d’éliminer tout risque). Bref, pendant un temps qui a semblé bien long, et compte tenu de la difficulté visible à maîtriser l’incendie, l’inquiétude était justifiée. Tous ceux qui ont partagé en direct l’émotion de cette perte – j’en étais – ont fait pendant ce temps leur deuil de l’intégrité de l’objet patrimonial, intact depuis le 13e siècle… Ensuite, bien sûr qu’il y a des malheurs plus graves, qu’il n’y a pas mort d’humain, et qu’on reconstruira la toiture – comme on reconstituera Palmyre… Ça n’enlève rien à cette expérience, qui a bien eu lieu.

    @Koshyl4: Pour ma part, je me garderai bien de dire que cet événement, comme n’importe quel autre événement médiatisé, concerne tout le monde sur la planète. Il s’agit simplement d’un événement (très) largement partagé.

  4. Ttttt… « l’intégrité de l’objet patrimonial, intact depuis le 13e siècle »… allons, André Gunthert, vous savez bien qu’il n’en est rien! Toutes ces cathédrales vieilles de tant de siècles charrient en elles une longue histoire de dommages et de réparations auxquels le XIXe encore a apporté sa contribution pour Notre-Dame de Paris (et le XXe pour d’autres). Frémir pour la survie de cette longue histoire était d’ailleurs parfaitement légitime et suffisant, non?
    Cela dit, en me référant à votre excellent billet d’aujourd’hui, je trouve que la question de l’universalisme du deuil qu’on nous ressasse mériterait d’être posée… non?

  5. @Danielle: On est tout à fait d’accord, et je me suis pour ma part bien gardé d’affirmer un quelconque « universalisme du deuil ». Ceux qui le font sont ceux qui, comme de coutume, instrumentalisent l’émotion à des fins partisanes.

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