introduction à l’analyse des images techniques

Le Mooc Digital Media de l’Ecole professionnelle supérieure d’Arts Graphiques de la Ville de Paris met en ligne un cours composé de 6 vidéos en accès libre, à partir d’un entretien avec votre serviteur, par Dominique Moulon, introduction à l’analyse des images techniques et numériques.

  1. Du pré-photographique au selfie, 14 mn.
  2. Du scanner à Google images, 13 mn.
  3. De l’usage des images à l’ère numérique, 12 mn.
  4. L’image esthétique et l’image document, 11 mn.
  5. Foodporn et autres selfies, 20 mn.
  6. De la caricature à l’information, 18 mn.

Peut-on photographier les dinosaures?

Conférences du CAES, EHESS, 17 janvier 2019 (58 min, réal. Philippe Kergraisse).

Peut-on photographier les dinosaures? En principe, bien sûr, c’est impossible. Pourtant, le cinéma nous offre des reconstitutions crédibles de ces animaux disparus. Si ces images ne sont pas de même nature que la photographie d’enregistrement, elles ne sont pas pour autant de pures fictions. Elles intègrent un état du savoir scientifique qui leur donne un caractère partiellement documentaire. La question abordée par cette conférence est celle de l’archéologie de l’image documentaire. Entre l’illustration des récits d’exploration et la construction de l’objectivité des sciences, une nouvelle élaboration du regard change le statut des images, et crée les conditions qui rendront possible aussi bien la photographie que les reconstitutions de dinosaures.

La couleur des Schtroumpfs noirs

L’une des analyses les plus appréciées de L’image sociale a désormais sa version vidéo, grâce à l’aimable collaboration de Louis Gunthert, que je remercie pour sa mise en forme.

Le scénario des Schtroumpfs noirs (1963) décrit la contamination des lutins bleus par un mal étrange qui les transforme en êtres malfaisants, dépourvus de langage, à la peau noire. L’adaptation américaine lui substitue la couleur violette. L’œuvre de Peyo est-elle raciste? C’est ce qu’affirment certains critiques. Examen d’un monument de la bande dessinée, qui révèle une filiation surprenante.

L’Aura à l’ère des singularités numériques

Résumé: Walter Benjamin proposait la notion d’aura pour caractériser l’authenticité de l’œuvre d’art artisanale, en opposition avec le dynamisme du cinéma, œuvre industrielle. En étendant l’idée d’aura à la mémoire des trajets historiques accompagnant les productions culturelles, la nouvelle disponibilité des œuvres dans l’espace numérique pose la question de l’évolution de leur réception. Entre socialisation des singularités et algorithmes, les formes d’accompagnement attentionnel connaissent aujourd’hui une mutation historique. Celle-ci un élément-clé de la recomposition du paysage culturel.

Vidéo de mon intervention dans le cycle «Les mondes numériques de l’art contemporain», organisé dans le cadre de PSL, le 14 avril 2016 à l’Ecole normale supérieure (2h15).

Le selfie, pathologie et emblème de la photographie connectée

Intervention dans le cadre de “Photography (today)”, Paris Photo, Grand Palais, 14 novembre 2014 (38 mn).

Le terme “selfie” correspond à un processus d’identification tardif d’un groupe de pratiques photo ou vidéo réflexives, lié à l’émergence d’une esthétique de la subjectivité. Cette communication montre que le déclencheur du phénomène est une controverse médiatique, qui s’apparente à une panique morale. La dénonciation en 2013 du caractère narcissique de l’autoreprésentation ou de l’irrespect des valeurs et des normes présente le selfie comme une subculture. Cette condamnation entraîne une réponse d’adhésion à un geste désormais identifié comme une signature impertinente et progressiste. Vecteur de sa promotion, la controverse consacre le selfie comme une forme culturelle à part entière, et l’impose comme la pratique photographique la plus représentative de l’expression visuelle contemporaine.

MàJ: Version rédigée: “La consécration du selfie. Une histoire culturelle”, 28/04/2015.