Dépasser Charlie

Quelques jours après les attentats de janvier, j’écrivais “La défaite Charlie”, réaction affligée devant l’horizon d’union sacrée et de fuite en avant sécuritaire qui constituaient apparemment la seule réponse à la violence. Rien n’a changé depuis. Et malgré la démonstration d’impuissance apportée par l’effroyable tuerie du 13 novembre, il semble que pour beaucoup, à commencer par nos responsables, il n’y ait rien d’autre à faire que de poursuivre dans la voie de l’état d’exception et de la guerre, accompagnée de la réaffirmation de la confiance dans nos valeurs républicaines.

En un mot, la France, attaquée sans raison, ne fait que répliquer à ses adversaires. Et l’incompréhension manifestée par l’élite culturelle hâtivement convoquée lors de l’émission On n’est pas couchés dessine de manière limpide un scénario à l’israélienne, où la réponse de la fermeté appuyée sur la conviction de la légitimité enferme la société dans un affrontement sans fin et sans espoir, sur fond de dérapage ultra-droitier.

Toute comparaison a ses limites, et il semblera à beaucoup que la colonisation volontaire menée par le gouvernement israélien, qui suscite à juste titre la révolte palestinienne, ne peut être rapprochée de la politique social-démocrate mesurée de la France. Considérons alors l’exemple israélien comme une limite extrême, l’exacerbation de tensions qui travaillent aussi la société française, et le modèle à fuir si l’on veut un jour sortir du piège de l’affrontement.

Si je choisis cet exemple, c’est que les fractures de notre société ne sont pas perçues par sa partie la plus privilégiée. Nombre de mes amis ont rediffusé les dessins de Joann Sfar. L’un d’entre eux a ajouté ce commentaire: «Joann Sfar exprime bien ce que je pense. Je suis triste et choqué mais je n’ai pas peur car je vis dans cette ville, ce pays et ce continent depuis si longtemps pour connaître la force et la présence de la vie, de la liberté, la fraternité, de l’égalité, de l’intelligence, de l’humour et de l’amour qui nous animent toutes et tous et qui fera qu’on sera toujours debout quoi qu’il arrive.»

Non, tout le monde ne vit pas dans la liberté, l’égalité et la fraternité dans notre République. Les manifestations de ce que le premier ministre a qualifié d’ «apartheid territorial, social, ethnique», la mort de Zyed et Bouna, les contrôles au faciès, la discrimination à l’embauche, tous ces symptômes jugés secondaires et vite glissés sous le tapis d’une République irréprochable me sont réapparus avec force lors de la récente soirée consacrée par l’EHESS à la mobilisation pour les migrants, au cours de laquelle j’ai pu entendre s’exprimer des gens qui ne sont pas invités par Laurent Ruquier.

Protégés par nos frontières, notre confort et nos cafés parisiens, nous n’avons pas souvent l’occasion d’être confrontés à la violence ressentie par les populations de pays soumis à des guerres ou des régimes dictatoriaux soutenus ou financés par les puissances occidentales. L’ère post-coloniale reste structurée par un racisme aussi profond qu’inconscient à l’égard de peuples laissés à l’abandon ou soumis au pillage. Un racisme qui n’a certes plus grand chose à voir avec celui de Gobineau, et qui se nourrit plutôt de rapports de force économiques, mais qui établit de manière tout aussi inébranlable qu’il existe deux humanités, celle qui compte et celle qui ne compte pas. Une division que nous reproduisons au sein même de nos pays, à l’encontre des habitants des quartiers défavorisés, citoyens de seconde zone qui perpétuent la stigmatisation des “classes dangereuses”.

Appelons racisme paupériste ce racisme de classe qui justifie les convictions fatalistes du peuple de droite (et désormais de beaucoup à gauche), pour qui les damnés de la terre n’ont que le sort qu’ils méritent. Personne ne peut être fier de démocraties de carton qui ne font que reproduire le modèle des parkings new-yorkais, ceinturés de barbelés et d’équipements de sécurité, où les bagnoles des riches sont mieux protégées que les enfants des pauvres. L’Europe qui rejette les migrants à la mer n’a pas d’autre solution à offrir que cette politique de la ségrégation et de l’abandon, qui contredit les droits humains les plus élémentaires et nourrit partout l’injustice, la violence et la guerre.

On peut se rassurer en s’affichant en bleu-blanc-rouge sur Facebook ou en chantant la Marseillaise. On peut se contenter de penser que le terrorisme nous place face à l’incompréhensible et à l’irrationnel. Mais l’exemple israélien nous montre que nous continuerons longtemps à dessiner des larmes sur le profil de Marianne tant que nous choisirons de croire que nous n’y sommes pour rien, et qu’il n’y a rien à changer dans notre merveilleux modèle, dont on s’étonne qu’il ait cessé de séduire les jeunes des banlieues. L’égalité et la fraternité ne se construisent pas avec des barbelés et des bombes, mais avec le droit et la prospérité. Le jour où la République retrouvera le chemin de ses principes fondateurs, alors seulement nous pourrons regarder s’éteindre le terrorisme.

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72 Commentaires

  1. Sans doute le seul truc sensé que j’ai pu lire jusqu’ici. Je me sens moins seul…

  2. Sauf que bon nombre de ces assassins ne sont pas des « jeunes de banlieue »… et que la tres grande majorite de ces « jeunes issus de l’immigration » s’integrent tres bien a la societe et au mode de vie occidental.
    Je trouve que voir systematiquement tout a travers un prisme anti raciste post colonial est un peu a cote de la plaque. On peut s’auto affliger et raisonner en y qu’a faut qu’on mais il faut surtout realiser que tout cela s’integre dans un contexte international qui depasse de loin les quelques relents colonialistes de la societe francaise. Meme si on etait une societe parfaite les influences Russes, Saoudiennes, ou Etats Uniennes combines a l’imbecilite de la religion se feraient quand meme sentir et deboucheraient sur des resultats similaires.

  3. « Même si on était une société parfaite ». Le problème, c’est qu’on est de plus en plus loin du compte… Souvenez-vous: l’“American dream” ou le “soft power” n’ont pas été des mirages, mais des modèles dominants dont l’attraction s’est exercée durablement. Si l’on craint aujourd’hui la “radicalisation”, c’est d’abord parce que le modèle occidental s’est considérablement affaibli. S’interroger sur cette faillite n’a rien d’une auto-flagellation: c’est d’abord nous rendre service à nous-mêmes, car nous serons les premiers bénéficiaires d’un retour à une véritable citoyenneté.

  4. effectivement, être du côté de tous les peuples opprimés c’est risquer d’hériter également de leurs problèmes. Dans des règles du jeu absurdes, la liberté des uns vaut la vie de victimes innocentes. Et dans « Pray for Paris » c’est peut-être la prière le problème, d’où qu’elle vienne.

  5. Merci ! J’ai lu, comme tout le monde je suppose, les commentaires stupéfaits sur ces attentats. je n’en avais pas lu encore qui soient aussi justes, aussi précis, et malheureusement aussi amers, ils le sont parce que ce monde d’injustices et violences croisées est amer, et que notre impuissance est grande contre la barbarie d’État et la barbarie tout court.

    Alors merci, merci mille fois pour ce billet, qui me redonne un peu de courage et d’envie de lutter.

  6. En même termps, c’est pas évident de dire des trucs sensés et intelligents après un évènement aussi sidérant… Moi même je reste sans voix, et sans pensée structurée deux jours après… Avec ce sentiment tenace qu’on s’enfonce dans une logique implaquable de guerre et d’état d’exception permanent, comme une fuite en avant irrésistible et vouée à l’échec et aux sang et aux larmes sans perspectives d’en sortir…

  7. « Si l’on craint aujourd’hui la “radicalisation”, c’est d’abord parce que le modèle occidental s’est considérablement affaibli. S’interroger sur cette faillite n’a rien d’une auto-flagellation: c’est d’abord nous rendre service à nous-mêmes, car nous serons les premiers bénéficiaires d’un retour à une véritable citoyenneté. »

    Je ne vois pas comment dans le contexte actuel de haine à couper au couteau, de violence, et de racisme décomplexé qui traverse l’ensemble de la société, comment nous pourrons revenir à ce que vous appelez une véritable citoyenneté. Personne ne s’interroge sur cette faillite, mais l’immense majorité pense selon la dualité gentils démocrates versus obscurantistes sans la moindre nuance, et sans souci minimal de comprendre le contexte du monde dans lesquel nous vivons, conséquence de la dépolitisation de la société… La logique de guerre peut ainsi s’épanouir sans problème, avec la bonne conscience d’appartenir au camps du bien dans une guerre sans issue sinon celle du chaos et de la mort ad vitam

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  9. Je vais sans doute choquer ….
    La longue tradition de politique colonialiste spoliatrice des pays du Nord qui ont plongé les pays africains, du Maghreb, du Moyen Orient et de l’extrême Orient dans une pauvreté extrême, sans contrepartie pour les peuples des immenses richesses volées, et en mettant en place des dictateurs au service de multinationales a produit ces effets.
    Le développement, dans nos pays du Nord d’un capitalisme ultra libéral financier dont l’objectif premier est uniquement de pousser les peuples au consumérisme maximal en vue d’engranger des profits maximum au détriment des consommateurs, de l’environnement, de la santé publique a laissé sur le bord du chemin de la dignité, du progrès, de la culture, de l’éductaion, de la santé, une partie énorme des populations qui vivent de plus en plus mal leur pauvreté, leur misère, leur manque d’opportunité pour se construire un avenir décent, constructif, heureux ou épanouissant.
    Ce modèle de société capitaliste ultra libéral financier, qui d’un côté plonge des pays entiers dans la misère et la dictature, et d’un autre côté paupérise à un niveau inimaginable ses propres populations a produit ces révoltes violentes, aveugles, extrêmistes et sauvages.
    Quand plus aucun avenir radieux ne s’ouvre devant les peuples, quand les seules destinées envisageables sont la misère, l’exploitation et l’indifférence des pays qui les exploitent, quand, dans nos pays du nord, l’avenir n’est qu’une suite de descentes aux enfers du chômage, de la délinquence, du mépris ou du rejet, de la déshumanisation, alors, toutes les conditions sont réunies pour qu’éclatent des révoltes diverses et violentes.
    En ce qui nous concerne, c’est suite aux folies de Bush en Irak en Afganistan, de Poutine en Syrie, de la Turquie en Irak, de la France en Lybie, des pays du Golfe qui opposent et financent sunnites et chiites dans une guerre de pouvoir mortelle qu’a pu se développer dans l’indifférence des gouvernements concernés ce groupe de fanatiques salafistes.
    Si la situation a pu se développer jusqu’à ce stade, c’est uniquement grâce à l’inaction (l’indifférence, l’intérêt ?) des gouvernements cités plus hauts, qui tirent des bénéfices géopolitiques, financiers, économiques et industriels de chaos qu’ils ont créés et pour lesquels ils n’ont rien fait afin de les éviter.
    De plus, installer la peur, l’effroi, la sidération dans la population est un moyen efficace afin d’instaurer des lois extrêmes intrusives et liberticides, et d’imposer par ce biais des moyens de contrôles extrêmes sur des populations déresponsabilisées, dépolitisées, abruties par l’inculture diffusée par les médias mainstream.
    Notre part de responsabilité, est d’avoir mis ces gens au pouvoir, de les avoir conservés au pouvoir, de n’être pas descendus violemment dans la rue, de ne pas avoir combattu les partis institutionnels quand ils prenaient des décisions anti sociales, anti démocratiques, au service des plus riches, des grandes entreprises, des multinationales.
    Notre responsabilité est notre passivité, notre résignation, notre inculture politique, et la facilité avec laquelle on a pu se laisser manipuler par les populistes, et les partis institutionnels.
    Nous payons le prix de notre lâcheté et de notre inaction.

  10. Bravo pour votre clairvoyance et lucidité malgré les événements… On peut toujours débattre sur tel ou tel point, mais le dernier paragraphe de votre texte et votre conclusion m’ont ému.
    Merci à vous… Je me sens également moins seul…
    Je voudrais juste partager une réflexion qu’un ami m’a fait aujourd’hui :
    Voilà après une nuit de reflexion sur l’état du monde ce que j’en retiens
    Les événements que nous vivons ne peuvent qu’inspirer le dégoût et l’effroi. Ce dégoût peut même conduire à la haine et au final à un vote extrémiste.
    J’ y ai pensé, mais je ne le ferai pas.
    Pourquoi?
    Parce que j’ai compris que l’Etat Islamiste ne pourra jamais venir envahir la France. Ils le savent et ce n’est pas leur objectif. Leur objectif est de monter les communautés les unes contre les autres pour provoquer une guerre civile en France comme celle qui existe en Syrie et en Irak. Leur objectif est que Le Pen arrive au pouvoir car c’est elle qui arrivera le mieux à monter les communautés les unes contre les autres.
    En votant Le Pen vous participez au projet de ces fous sanguinaires.
    Pensez y au moment de voter car c’est la vérité :
    En votant Le Pen vous votez Daesh.

  11. « Ultimi barbarorum ! » S’en prendre, à mains armées, à la faune joyeuse, ivre, libérée ou libérale de Paris, c’est minable, c’est monstrueux et c’est obscène. La puissance de fascination qu’exerce le feu, l’explosif et l’exploit guerrier auprès de notre jeunesse en perdition, droguée au « shit du peuple » et désoeuvrée, disqualifiée au pied de ses murs, dans les marges de nos cités, trouve soudain à s’exprimer par des passages à l’acte de ce type : CTRL+ALT+SUPPR et un carnage pour solde de tout compte. Serait-ce le prix du ressentiment d’un côté, et de la relégation du nôtre ? Nous sommes encore du bon côté, mais pour combien de temps ? Et je ne crois pas, moi non plus, que le tour de vis sécuritaire soit un bon scénario d’avenir. Il faut reprendre ici et maintenant les choses du plus loin qu’on puisse…

  12. mouais… Expliquer les actions pathologiques et criminelles des terroristes parce que notre modèle est très imparfait, c’est vraiment la caricature de l’explication gauchiste des problèmes…
    La source de tous nos problèmes c’est l’absence de respect de la loi divine pour les religieux, et c’est le vilain capitalisme débridé et post-colonial pour les gauchistes…
    Imposez la chariah d’un côté, la société juste de l’autre, et tout sera réglé, l’homme vivra une paix éternelle car l’homme est corrompu (par les infidèles/la société capitaliste post-coloniale – barrez la proposition incorrecte).
    Je ne vois pas grande différence entre ces deux explications… Elles n’expliquent absolument rien, mais nous renseignent assez bien sur l’état d’esprit de leurs défenseurs.
    Par ailleurs, je serais assez curieux de savoir comment obtenir en 2-3 décisions simples la prospérité et la justice dans notre société… C’est vrai, ça a l’air tellement simple que je suis vraiment curieux d’entendre les solutions proposées…
    La Chariah au moins c’est clair, c’est décrit très précisément dans un gros livre sacré qui ne se discute pas…

  13. Dépasser Charlie, c’est fait désormais. Par le kalash.
    Continuez à vous repaître de nos morts avec vos partitions déjà écrites à l’avance qu’on ressert à toute occasion. Surtout n’oubliez pas de continuer à ignorer à peu près tout de la situation géopolitique actuelle.

  14. Merci Calagan. Vous avez très bien vu. Des deux côtés le même mode « pénitence » et « pas jojo », le mode « je me flagelle pour Allah , je me flagelle pour mes prochains ». D’un côté parce que seul Dieu est grand et qu’il y a les pervers infidèles, de l’autre parce qu’avant de jouir de la vie, il faudrait un système parfait et qu’il y a le méchant capitalisme. Le gaucho-angélisme et l’islamisme ont ceci en commun : une foi imbécile.

  15. Il est vraiment important de remarquer comme cela est un phénomène global que l’exclusion, de comprendre qu’il est à l’origine simultanée de la montée du FN et de la, certes plus rare, radicalisation islamiste. En ne soulignant cette origine uniquement concernant le dernier cas, on risque d’alimenter le premier, la montée du FN, nourrie par un sentiment de mépris.
    Or les deux sont indissociables, ne sont que les expressions d’une même chose, appartiennent au même mouvement.

  16. Pour revenir sur mon post précédent, je veux juste dire que je ne remet pas en cause l’idéal d’une société digne et juste. Il faudrait être un monstre pour ne pas le souhaiter et ne pas mettre en oeuvre tout ce qu’on peut pour faire advenir cet idéal.

    Mais dans le contexte qui le notre, ça me gonfle vraiment très fort d’entendre tous ces braves gens qui ont fait de longues études et comprennent tout très profondément nous apprendre que ces psychotiques sont « causés » par notre système social et que du coup la solution est simple : il suffit de vivre dans l’amour et la dignité (wow !) pour régler tous les problèmes des autres.
    Moi aussi j’ai fait des études et fréquenté ces braves intellectuels de gauche. Beaucoup d’entre eux étaient aussi cons et méchants que n’importe qui d’autre, mais ils avaient la morale et la bonne conscience avec eux. Et aussi une bonne maîtrise du langage, ce qui est toujours utile (les prêtres au XIIe siècle avaient aussi pour eux la maîtrise exclusive du texte sacré).
    Il y a des moments où il faut juste savoir se taire, parce que finalement on dessert ce qu’on défend aussi mal…

  17. @bartleby

    Le texte de André Gunthert a certes le défaut à mon sens de prêcher pour un voeu pieux sans apporter la moindre possibilité concrète d’arriver au résultat escompté qui est le voeu de toute personne souhaitant vivre dans un monde non pas parfait mais plus harmonieux que celui dans lequel nous vivons, mais votre réponse est totalement à côté de la plaque si je puis me permettre. Vous plaquez sur votre jugement une pensée toute faite, un cliché sur les gens que vous considérez être des gauchistes. A un aucun moment André Gunthert ne parle de monde parfait… Parce que vous qui n’êtes pas un bisounours selon l’expression detestable à la mode, que proposez vous dans la situation actuelle ? Des déclarations martiales et viriles ? Des assignations à résidence ? L’union sacrée, la peur du différent ? ça tombe bien, c’est exactement ce que veulent les auteurs; Déclencher la haine entre communautés. Et à voir les réactions ils ont parfaitement réussi leur opération. Faut dire que la société était mûre … maintenant ils vont recueillir leur fruit…

    Vous vous rendez compte que ces terroristes ont été enfantés par la politique étrangère des USA et de leurs alliés au premier rangs desquels se trouvent l’Arabie saoudite et le Qatar ? Qui a semé le bordel en Irak et au Moyen Orient, créant un chaos et une misère innommable ??? Bon sang de bois, regardez un peu plus loin que le bout de votre nez !!! La moitié du monde est en guerre, vous croyiez qu’on allait y échapper pour l’éternité ? Que la déstabilisation de sociétés entière n’allaient pas avoir de conséquences sur nos sociétés « civilisées » ? Et le capitalisme serait innocent ? On se demande ou se trouve l’angélisme…

  18. Ce n’est pas moi qui parle de préserver l’humanité, la civilisation et notre modèle sans défaut, ce sont tous ceux qui ont pris la parole depuis vendredi pour flétrir les crimes des terroristes. Mais peut-être Calagan et Bartelby n’ont-ils pas la radio?

    Le problème n’est pas que notre modèle soit “imparfait”. Le problème est l’écart entre un modèle revendiqué (pas de bol: “Liberté Egalité Fraternité” est gravé sur les frontons de toutes nos mairies, probablement de nuit par un sale gauchiste… ;) et la réalité.

    Un programme qui ne viserait pas seulement à assurer la sécurité du territoire, mais aussi à réduire les inégalités dans nos sociétés, sans oublier la tenue d’une conférence internationale sur le Moyen-Orient, n’a rien d’irréaliste et constituerait au contraire une option raisonnable et une évolution sensible de la situation – alors que la seule perspective guerrière, nous ne le savons que trop, ne peut que contribuer à sa détérioration. Mais pour répondre à la question, encore faut-il se la poser…

  19. Cher Monsieur,
    Après avoir relu – trois fois, et toujours aussi attentivement qu’il m’était possible – votre article, je me suis posé cette question : n’y avait-il ici qu’une pensée confuse (qui, comme il se doit, n’était pas parvenue à s’exprimer clairement) ? ou bien, mon incompréhension tenait-elle à un manque d’intelligence de ma part ?

    Tout même, certains vous félicitaient pour avoir ici rédigé le « seul truc sensé », « juste et précis », sur le sujet ! Cependant, pour ma part, il ne m’en est resté que l’impression d’un méli-mélo d’aperçus, qui pouvaient bien être « sensés, justes et précis » dans leurs détails, mais dont le bout-à-bout était, en définitive, assez incohérent, à mon sens.
    Comme je ne pense pas utile de tout reprendre à la suite, je vais me contenter de quelques indices. Et tout d’abord de cette expression de « racisme paupériste ». Certes, la discrimination économique est ici et là assez flagrante ! Mais, cette convocation du racisme n’est-elle pas, ici, assez déplacée ?
    Que des attitudes racistes recoupent, selon les circonstances, les manifestations de la lutte des classes, c’est évident (cf. les Noirs aux USA ou certaines populations d’immigrés en France, par exemple), mais quelle était la base raciste de la stigmatisation des “classes dangereuses” ? (Etc.)
    La discrimination économique est une chose, et le racisme une autre. Et mélanger n’est pas penser. Que la confusion des notions, les amalgames divers et avariés soit le pain quotidien de certains journalistes et acteurs politiques… passons, mais qu’ils deviennent celui de nos chercheurs universitaires ? Non, pitié !

    Je passe sur cette référence à la situation de l’état d’Israël face aux Palestiniens, dont je n’ai pas bien vu la pertinence (sans doute un défaut d’intuition géo-politique de ma part).
    Je passe sur la réduction d’un problème aux dimensions mondiales à celui des tares spécifiques de la société française (qui ne se résument pas, d’ailleurs, aux séquelles de son passé colonial…).

    Pour finir, j’en viens… à la fin (c’est logique), à votre péroraison :
    « L’égalité et la fraternité ne se construisent pas avec des barbelés et des bombes, mais avec le droit et la prospérité. Le jour où la République retrouvera le chemin de ses principes fondateurs, alors seulement nous pourrons regarder s’éteindre le terrorisme. »
    D’abord, cela me laisse sans voix… Mais, tout de même, comment laisser passer ça !

    Alors, Daech (ou ses avatars à venir), nous allons regarder (regarder ?) ça s’éteindre (s’éteindre ?) rien qu’en retrouvant « le chemin des principes » de l’égalité, de la liberté et de la fraternité ?
    Heureusement que ceux qui ont fait la Révolution ne se sont pas contentés de se parer de leur bon droit (de l’Homme et du Citoyen), et d’une prospérité qui ne pouvait alors être qu’à espérer, pour défendre ses « principes fondateurs »… Heureusement que ceux qui, pour toutes sortes de raisons, ont combattu l’état national-socialiste, ont usé, selon les besoins, des bombes et des barbelés…
    Ce qui je crois, manque à votre article, pour être vraiment « sensé », c’est la considération de ce qui est face à nous. Il y a là une absence quasi-totale, intellectuellement dommageable, de considération de ‘l’être de l’autre’, cet autre qui, de façon tout à fait raisonnée (de son point de vue) nous défie en flinguant à tout va des civils désarmés.
    (Et, bien sûr, l’être de cet autre-là, il ne se résume pas à la détresse des « jeunes de nos banlieues » !)
    (Je dis « nous », ici, sans prendre le temps de l’expliciter. Je ne sais peut-être pas trop ce qui détermine ce « nous » dans lequel je veux ici me confondre, au moins provisoirement, pour les besoins de la cause. Peut-être bien que je ne sais pas qui je suis, mais je sais ce que je ne suis pas.)

    Bref, je vous renvoie ici à cet article : Slate France : La vraie nature de Daech.
    http://google.com/newsstand/s/CBIwgNDF3SM
    Et voyez comment nous pouvons espérer « regarder s’éteindre » ça…
    Bien cordialement,
    Patrick Guillot

  20. C’est exactement ce que veulent les auteurs; Déclencher la haine entre communautés. Et à voir les réactions ils ont parfaitement réussi leur opération. Faut dire que la société était mûre … maintenant ils vont recueillir leur fruit…

    Bien vu. Ils font de la politique eux (Les commanditaires,c’est sûr d’une drôle de manière).

    Pour info:

    Tak Tak https://fr.wikipedia.org/wiki/Takfirisme

    Luc ferro « La fabrique du ressentiment »

  21. L’angélisme n’est certainement pas chez moi et je suis bien conscient que l’Occident (pour faire large) est en partie responsable du bordel en Syrie et en Irak. Comme je suis bien conscient que les disparités sociales jouent en faveur d’une possible radicalisation de certains. Soit. Mais de là à en déduire que c’est la faute à l’Occident et au capitalisme, et puis voilà, c’est faire preuve de courte vue.
    Rassurez-vous, je suis toujours à gauche (sinon que ferai-je sur ce site ?) mais beaucoup moins qu’avant je ne l’étais dans ma tendance mélenchono-NPA. Et si vous saviez combien je trouve que cette gauche-là et moi-même avons une part de responsabilité dans ce qui arrive.
    Il s’agit à présent de voir ce que je ne voulais pas voir : une certaine branche de l’Islam (qui a pignon sur rue et qui se constitue un Etat) a un gros problème avec la modernité (pour faire large encore) et dérive vers une obscurantisme assassin. Alors à présent il faut choisir son camp, comme dès 1934 il aurait fallu le faire si vous voyez ce que je veux dire. Quelles que soient les raisons du feu, il faut maintenant l’éteindre. On ne fait pas de la politique avec des bons sentiments et des idéaux, on en fait en analysant une situation donnée en un temps donné et on y répond, certes avec des principes – et les miens sont largement républicains et démocratiques.
    Et puis je ne comprends pas très bien comme on peut être de gauche et trouver des circonstances, des excuses, appelez ça comme vous voulez, à des fanatiques religieux. Relisez Voltaire. Car on arrive à cette situation ridicule que des gens de gauche prennent indirectement la défense des barbus et justifient non pas leur action mais leur existence. La gauche qui au nom de l’anticolonialisme et de l’anticapitalisme se met à justifier l’obscurantisme. C’est triste et magnifique de connerie à la fois.Pauvres Lumières !
    Quant à resservir l’antienne de la haine entre les communautés, je pense au contraire que la communauté musulmane doit jouer un rôle contre les fous de Daesh. Car justement je ne les mets pas dans le même panier et je pense que dans son ensemble cette communauté désire vivre dans la République. Pour justement mettre hors d’état de nuire les djihadistes. Je crois que l’amalgame attaque contre Daesh = attaque contre la communauté musulmane, c’est une certaine « gôche » qui la fantasme car il s’inscrit trop bien dans son argumentaire (il faut toujours un méchant blanc, un méchant capitaliste, un méchant socialo-traître ou un méchant bobo).
    Pour finir oui, je suis partisan d’un changement de riposte. il ne suffit plus de défendre chaque coin de rue ou chaque entrée de synagogue ou musée. Il faut aller chercher les assassins où ils sont. Avec des assignations à résidence, s’il le faut, avec des déclarations martiales peut-être mais surtout avec une détermination claire, avec autre chose à déterminer. Il faut inventer le logiciel qui va bien. Et pour cela la gauche de gauche ne le peut plus ; inventer, ce n’est plus de sa capacité. Elle pérore, elle moralise, elle s’indigne avec les vieux messieurs. En pure perte, en bon voeu pieux. Elle radote et elle s’étouffe dans ses dogmatismes et ses contradictions.
    Et si nous l’inventons pas ce putain de logiciel qui va bien, alors là oui, nous l’aurons Marine. Et là Daesh aura gagné une grande bataille.
    Moi je dis ça, je dis rien.

    .

  22. Ces gens là ne seraient donc que des contructions (des objets?) du méchant monde occidental ?

    C’est un peu court et peut être, faudrait il pour une fois, écouter leurs discours, et lire leur texte, plutôt que de les interpréter à travers notre petit sentiment de culpabilité (et notre énorme éthnocentrisme). Dans leur revendication : « Allah », « Soldats du califat », « capitale de la perversion », « des centaines d’idolatres dans une fête de perversité ». Pas exactement sociales ou raciales la revendication…

    Et c’est assez ironique parce que ce faisant, votre explication reproduit ce qu’elle prétend combattre (une vision post-coloniale pour faire vite) : en les constituant comme des constructions, vous leur déniez la possibilité d’être les sujets de ce qu’ils font. Seuls les occidentaux sont en position d’agir, les terroristes ne seraient que les victimes de nos actions, n’agiraient qu’en réaction en somme. Pas capables de se choisir un destin à eux-mêmes les terroristes islamistes ?

  23. Complètement d’accord avec l’analyse de Calagan
    Qu’un tel article puisse passer aux yeux de certains pour un modèle de lucidité et de profondeur de vue me consterne.

    « L’ère post-coloniale reste structurée par un racisme aussi profond qu’inconscient à l’égard de peuples laissés à l’abandon ou soumis au pillage. […] mais qui établit de manière tout aussi inébranlable qu’il existe deux humanités, celle qui compte et celle qui ne compte pas. »
    Si vous les respectiez tant ces peuples délaissés, vous commenceriez par ne pas parlez d’eux « en gros » sans distinguer les acteurs (avec leurs problèmes et leurs objectifs spécifiques) comme si le terrorisme était une expression directe de l’oppression.
    Votre analogie qui nous identifie avec Israël est dangereusement réversible … le terrorisme palestinien et celui de Daech (que vous réussissez à ne même pas citer dans votre article : félicitations!) tout ça au fond c’est pareil , voilà justement ce que nous disent ceux qui veulent nous inciter à défendre inconditionnellement Israël.

  24. Bien sûr, le capitalisme est responsable des attentats de vendredi et de toute la misère du monde.

  25. Après la sidération et l’horreur de l’indicible qu’a provoqué en moi l’attentat, je suis à présent stupéfait par l’aveuglement , la haine, la bêtise, l’inculture qui se déverse sans retenue sur les différents forums. Tout ceci reflète 30 ans de dépolitisation. Je suis absolument atterré… Entre les comparaisons avec Munich et le fascisme, et la culture de l’excuse… Pfff. J’arrête la… La discussion est inutile…

    Si juste un truc : si les auteurs des attentats sont des abrutis endoctrinnées, il ne fait aucun doute que les commanditaires connaissent très bien la société française et son état de décrépitude morale et intellectuelle, et ils savaient très bien comment elle allait réagir. Et ils ont réussi leur coup… Vous allez l’avoir votre état fort, et l’état d’urgence permanent… pas besoin du fn… mais après faudra pas venir pleurer..

    Ah non en fait c’est juste une histoire de munichois ou de bisounours chevelus socio culs qui ont la culture de l’excuse… Je me demande bien pourquoi je prend la peine de répondre à de telles inepties de perroquets…
    Bonne soirée à tous quand même, et tout mon coeur à ceux qui ont perdu des proches et qui vivent dans la douleur, et à ceux qui ont vécu ces heures cauchemardesques.

  26. Je suis un peu en colère lisant ce billet et tous les commentaires qui ont suivi, et j’aimerais profiter de ce « Laisser un commentaire », pour exprimer pourquoi le mieux possible.
    Je viens d’avoir 25 ans et j’ai moi aussi ressenti tout un élan de patriotisme, l’envie de me mettre aux couleurs bleu blanc rouge, en gros de me dire Française et de crier la beauté et l’innocence de notre société, comme d’autres et comme je ne l’ai jamais ressentie auparavant. Peut-être pour me rassurer, comme vous le dîtes.

    Pour moi, votre billet invite à l’autocritique de ce genre de réaction, de ce genre de sentiments, et à une réflexion plus profonde. Très bien.
    Mais à qui vous adressez-vous ?
    Aux lecteurs d’imagesociale.fr ?
    Donc à des académiciens, ou des gens assez érudits pour comprendre votre langage
    Il y a quelques années, avant de faire mes études, je me serais sans doute arrêtée découragée à la deuxième ligne de votre article, en ayant l’impression d’être trop limitée pour le comprendre.
    Et si je ne m’étais pas lancée dans ces études, je serais aujourd’hui restée à cette deuxième ligne, certainement sans pouvoir aller plus loin.
    J’en serais restée à regarder l’émission de Laurent Ruquier, plus accessible, et à en absorber tout ce qui s’y dit.
    Je pense que beaucoup de personnes ne pourraient dépasser ces quelques premières lignes si elles avaient accès à cet article.
    Vous avez de belles paroles, mais elles restent dans cette sphère restreinte de gens assez éduqués pour vous comprendre.
    Mais en dehors de celle-ci, vos mots n’ont aucun effet.
    Je ne suis pas en colère contre vous ou contre les lecteurs d’images sociales, au contraire je suis en colère parce que j’ai l’impression que vos mots se perdent et disparaissent en dehors de cette sphère.
    Moi-même, je m’en sens à la limite.

    Je pense qu’il est précieux d’entendre d’autres points de vue sur ce qui nous arrive que ceux qu’on entend en boucle dans les médias.
    Je n’imagine pas que vos idées sont les « bonnes » ou votre point de vue le « bon », mais je crois que l’important est d’être confronter à différents points de vue sur la situation, et que le votre mérite d’être entendu plus loin.
    Je ne questionne pas le fond de votre article, mais son accessibilité et sa diffusion.
    J’aimerais savoir ce que vous en pensez…

    J’aimerais ajouter quelque chose : je pense que vous êtes capable de communiquer en dehors de cette sphère, et que d’après vos articles vous êtes conscients que les points de vue et réactions que vous critiquez sont souvent dus à une sorte d’ignorance ou de mésinformation.
    À l’auteur de ce billet et à tous ceux qui l’ont commenté :
    Ne souhaiteriez-vous pas expliquer vos idées au-delà de ceux qui vous lisent déjà ?
    Pensez-vous que cela soit possible ?

  27. Retour Ping13/11/2015 : quoi, pourquoi, après ? | Pearltrees

  28. @Sidonie: Ecrire sur un blog, on le fait d’abord pour soi. Rédiger un billet, dans un moment de confusion comme celui-là, m’aide d’abord moi-même à y voir plus clair. Ce n’est pas un éditorial dans Libé, ce n’est en rien une position définitive ou fermée. C’est un état provisoire de ma réflexion, une proposition que l’on peut discuter, et qui a vocation à s’ajouter à d’autres, si du moins on lui trouve une utilité. Ce qui semble bien être le cas, puisque ce billet a été consulté plus de 15.000 fois depuis ce matin, probablement pas seulement par des étudiants en histoire visuelle…

    Sur les attentats, vous trouverez toutes les opinions. La mienne n’est pas la plus répandue. Elle est plus pragmatique et moins moraliste que ne le pensent certains de mes contradicteurs, qui appliquent de façon réflexe une grille stéréotypée. Tout simplement parce que c’est la deuxième fois cette année que nous subissons cette épreuve. Ce qui signifie que ce qui a été fait jusqu’ici (l’union sacrée, la surveillance de masse, les bombardements…) n’a servi à rien ou n’a fait qu’aggraver les choses, puisque cet attentat est le plus meurtrier que la France ait connu. Ce constat devrait nous inviter à changer de méthode, ne serait-ce que pour essayer d’obtenir de meilleurs résultats… Les adeptes du coup de menton ne voient dans n’importe quelle analyse qu’auto-flagellation et bons sentiments, moi je pense que revenir à un modèle plus respectable serait simplement un moyen efficace pour que moins de gens meurent…

  29. Cher Monsieur,

    permettez-moi d’abord de vous remercier de votre initiative qui nous offre la possibilité d’échanger.
    Peut-être voyez-vous dans ma position une attitude trop belliqueuse. Je ne nie pas ce fait. Sans doute sommes-nous agités par un même idéal, que je définirais sommairement comme une république plus juste, mais c’est dans la façon d’y arriver que nous divergeons. Et les moments tragiques que nous traversons n’aident pas à rapprocher nos points de vue. Sûrement aussi n’établissons-nous pas le même constat : n’est-ce pas plutôt la dérive de certains quartiers livrés à la loi du « business », d’où la République s’est retirée, qui permet une nidification du radicalisme islamiste, n’est-ce pas encore une défaut d’action dans certains territoires qui est à l’origine de l’organisation Daesh ? Sans doute intervenir en Irak fut une erreur mais l’erreur plus grande est de ne pas être allé au bout. On a regardé les Américains s’empêtrer en Irak et ce fut une grande erreur politique. Il fallait à tout prix les empêcher d’intervenir mais il fallait aussi, l’erreur commise, tenter de la rattraper.La politique ne consiste pas seulement à expliquer des erreurs, des errements ou des faillites, elle consiste à réagir à celles-ci et avoir le courage que la situation requiert.
    C’est justement afin de réinstaurer des principes républicains qu’il me semble nécessaire de « reconquérir » (et j’emploie ce terme en toute conscience) des espaces laissés aux radicaux islamistes. Je ne pense malheureusement pas que des actions en-dessous d’une certaine détermination (y compris en dehors des cadres traditionnels de la République) suffisent à restaurer la loi de la République. En fait le problème posé est d’une simplicité effrayante : l’état de droit coutumier peut-il suffire pour lutter contre des gens qui sèment sur le territoire un état de guerre ? Vous pensez que oui, je pense que non. Mais bien loin de ma pensée l’idée d’un Etat fort au sens de non-droit (le non-droit est justement ce qui caractérise ceux qui mitraillent)… Par contre, il s’agit selon moi de repenser un autre logiciel, une autre machine, et donc en faisant évoluer le droit, logiciel ou machine qui inclut – je le répète – l’ensemble de la communauté musulmane (moins les fous qui font le choix du djihad) et qui soit susceptible d’éradiquer ce qui depuis deux jours s’est présenté à nous de manière manifeste et sanglante, que vous le vouliez ou non, comme un ennemi.

    Sincères salutations républicaines

  30. @Bartleby: Je comprends votre point de vue. Nous n’avons pas la même analyse, ce n’est pas une raison pour s’insulter. Allons au fond: ce qui vous inquiète, ce sont des individus, qu’il suffit d’attraper et de mettre en prison (en admettant que ce soit aussi simple de le faire). Moi, ce qui m’inquiète, c’est le succès que rencontre Daech, ici aussi bien qu’au Moyen Orient. Mettre un type en prison ne changera pas la situation si dans le même temps il en surgit deux autres…

    Notez que je ne dis pas qu’il ne faut rien faire dans l’immédiat, ni qu’il faut laisser courir les assassins. Simplement ça ne suffit pas, tout comme je ne crois pas que bombarder quelques villes en Syrie suffise à éradiquer une fois pour toutes une menace multiforme, toujours susceptible de renaître de ses cendres. Le succès de Daesh et la faillite corollaire de notre modèle sont un seul et même problème – le résoudre est la seule façon de tarir à la source ce qui fait aujourd’hui la force d’un tel mouvement.

  31. Quand on lit les divergences qui animent les lecteurs de cet article(alors qu ils repésentent , j’ imagine, une toute petite partie de la popuation , qui , grosso modo , a un idéal de société , assez similaire) on comprend mieux le déclin et le morcellement de la Gauche et de la démocratie occidentale en général.

    Daesh , Le FN , ou la droite ultra libérale…. n’ont pas ce problème. Ils sont unis , chacun dans leur bastion, et passent à l’action.

    Pardon si je suis hors-sujet ou si c est mal écrit… j ai à peine mon bac . Mais je voulais juste dire ce que je ressens en lisant cet article , et leurs réactions…. même si je ne me sens pas toujours à la hauteur du débat.

    Bien à vous…tous.

  32. Bien dit, merci.
    La société française comprendra-t-elle mieux, après cet horrible massacre, ce qu’endure depuis plusieurs années la population civile syrienne et irakienne et sera-t-elle plus attentive au sort des réfugiés ?

  33. D’accord avec vous Mr Gunthert, mais peut-être faudrait il commencer par proposer des actions et des changements plus concrets sur le terrain, pour faire comprendre l’intérêt de la prévention en un tel moment et pour pouvoir en discuter. Car dans les réactions il y a bien peu de propositions réelles sinon celles des va t en guerre et des adeptes de la prison comme seule solution.
    tg

  34. bonjour,
    merci pour cet article qui, contrairement à la plupart des commentaires journalistiques, élargit la focale.

    Dire la violence c’est eux le monde paisible et harmonieux c’est nous est effectivement une hypocrisie.
    Nos sociétés libérales n’ont rien d’un monde paisible de bisounours, la brutalité et la violence y sont devenues monnaie courante : monde du travail où chaque employé est considéré comme un objet productif qu’on peut jeté comme un kleenex, monde social devenu un espace de concurrence et de compétition entre des individus tout puissant et égoïste, monde économique où l’obscénité des richesses d’une minorité de nantis est balancée à la figure des miséreux, monde du chômage, de la précarité, monde de la publicité, qui transforme chaque objet en produit commercial désirable, la violence c’est aussi nous.

    Il serait effectivement temps que nous apprenions à balayer devant notre porte, et que nous prenions conscience que cette monstruosité c’est nous qui l’avons enfantée.

    Toutefois, j’ai bien peur que même si ce combat était aujourd’hui mené il ne permette plus de satisfaire ceux qui ont commis ces actes monstrueux.

    Là il faut être attentif à ce qu’ils exigent de nous, il faut le écouter.
    Vous parlez d’Israël, il faut bien avoir aussi à l’esprit l’objectif de ceux qu’ils ont face d’eux : leur but est d’éradiquer leur société, leur pays qu’ils estiment illégitime, tout comme ceux qui ont commis ces crimes à Paris veulent éradiquer notre société, ils n’attendent pas que nous devenions une société plus juste et plus humaine.

    Ce que la société attend des intellectuels (comme vous) c’est de ne pas décaler les catégories, répondre à un problème donné par une réponse à un autre problème, cela ne fait que rajouter de la confusion à la confusion.
    Comme je l’ai dit au début je comprends tout à fait que votre désir de placer le combat à ce niveau, cela me semble légitime, le problème est qu’en l’espèce il ne s’agit pas de ce combat-là, ou alors, à la limite dans les pays arabes et africains qui vivent de la rente des matières premières, des pays où quelques famille empochent tout l’argent en laissant croupir dans la misère le reste du peuple, mais pas ici.

    bien à vous.

  35. @md: Face à la violence, l’émotion l’emporte trop facilement. Rien de plus normal, certes, mais tel est bien le but poursuivi par ceux qui souhaitent installer la terreur. C’est pourquoi je vous remercie pour votre commentaire mesuré.

    Deux précisions pour éviter la confusion. Je ne crois pas que « devenir une société plus humaine et plus juste » puisse d’une façon ou d’une autre donner satisfaction à ceux qui nous attaquent. Il me semble en revanche que le recrutement de Daech repose en large part sur ce qui peut être décrit comme la faillite du modèle démocratique et républicain, qui se targue d’assurer l’égalité des choix, alors que cette promesse est de plus en plus souvent trahie. La situation serait bien différente si nous respections le contrat que nous revendiquons. Il me paraît très significatif – et très inquiétant – que cette seule perspective paraisse aujourd’hui pour beaucoup rigoureusement hors d’atteinte. Personne dans nos démocraties ne croit-il donc plus à la démocratie?

    L’exemple israélien est ici mobilisé simplement parce qu’il démontre l’échec total d’une stratégie qui se limite à la “guerre contre le terrorisme”. Israel lutte depuis près d’un demi-siècle contre le terrorisme avec des moyens similaires à ceux mis en œuvre ou examinés aujourd’hui par notre gouvernement. Le resultat? Non seulement les Israéliens n’ont pas la sécurité, car la guerre n’est pas venue à bout du terrorisme, mais ils ont perdu l’honneur et la liberté, car ils vivent dans un Etat policier et raciste gouverné par l’extrême-droite. A un moment où le terrorisme semble s’installer en France de manière durable, l’échec patent de la stratégie israélienne me paraît au contraire un exemple qui doit nous faire réfléchir.

  36. Bonjour Monsieur Gunthert,

    Vos deux dernières « précisions » ne sont pas de trop, en effet, pour remédier aux confusions incluses dans votre article du 15 novembre au matin.
    Je disais, entre autres, dans ma réaction à cet article, que je n’avais « pas bien vu la pertinence de [votre] référence à la situation de l’état d’Israël face aux Palestiniens »…
    Il semble que je n’ai pas été le seul à ne pas la comprendre. Mais vous venez de la précisez : « L’exemple israélien est ici mobilisé simplement parce qu’il démontre l’échec total d’une stratégie qui se limite à la “guerre contre le terrorisme” […] »
    Dont acte, même si, encore une fois, comparaison n’est pas raison – d’autant plus que la situation d’Israël est assez peu comparable à celle de la France ; est-il utile ici de redire l’histoire d’Israël, et de la Palestine (depuis la Shoah, et de la volonté déclaré des organisations palestiniennes de détruire Israël, jusqu’à la spoliation des territoires palestiniens, et toutes ses conséquences, etc.) ?
    Encore une fois, mélanger n’est pas penser. Penser, c’est distinguer, discerner, spécifier, etc. Pour établir des parallèles ? Oui, sans doute, mais alors, après avoir soigneusement vérifié l’orientation des lignes, et sans faire de nœuds à loisir…

    Mais vous éprouvez aussi le besoin de préciser : « Je ne crois pas que ‘devenir une société plus humaine et plus juste’ puisse d’une façon ou d’une autre donner satisfaction à ceux qui nous attaquent », pour ajouter aussitôt : « Je pense que le recrutement de Daesh repose en large part sur ce qui peut être décrit comme la faillite du modèle démocratique et républicain, qui se targue d’assurer l’égalité des choix, alors que cette promesse est de plus en plus souvent trahie. »
    Ne voyez-vous pas la contradiction entre vos deux propositions ?

    Il y a cependant, dans votre commentaire, un progrès notable par rapport à votre article : enfin, vous citez Daech. Vous prenez, un peu, le temps de considérer le ‘point de vue de l’autre’. Et, en effet, Daech n’a aucun désir de nous voir « devenir une société plus humaine et plus juste » ! (Et il n’y a aucun intérêt non plus…). Le modèle social de Daech, on sait trop ce qu’il est.
    Quant à la connexion entre notre « défaut de démocratie » et l’extension du « recrutement salafiste », elle est, je crois, le résultat d’une trop courte vue, alimentée par ce besoin (hexagonal) de se mortifier, trop répandu – et dont je ne vais pas ici discuter les raisons.
    Vous parlez d’une « faillite du modèle démocratique et républicain »… Une « faillite » ? Vraiment ? Comme vous y allez. Encore une formule faite pour frapper fort à la une des magazines, et qui serait sans doute à sa place sous la plume d’un simple polémiste (politique ou journalistique). Mais, scientifiquement parlant, quelle est sa vérité ?
    Vous souhaitez que nous soyons (en France) plus véritablement démocrates ?
    Mais, bien entendu !
    Sans doute, la façon dont nous vivons en France n’est pas idéale. Il y a trop de discriminations injustes, et économiques et sociales, etc. Mais ce n’est pas de Daech que nous allons attendre qu’il nous enseigne la juste voie de notre bonne réforme, n’est-ce pas ?
    Et vive le rock, le football, et la bibine partagée entre amis aux terrasses de nos cafés !

  37. Oh ben moi tu sais, en France, même si je suis Français de carte et de naissance depuis plus d’un demi siècle, né d’un père berbère doublement colonisé et d’une mère normande ancienne jeune résistante, ( elle le prenait pour un Basque), j’ai vite appris à me méfier des mirages meurtriers de toutes les Identités fabriquées…J’ai bien fait car malgré mes batailles gagnées, dans certaines circonstances, quand je décline mon blase à un natif normalisé, j’entends toujours résonner en secret le sinistre mot de  » bougnoule » (variété de sous-hommes de Montpellier) . Après quelques pastis, c’est à voix haute que ça leur vient. A la santé de Blanche-Neige ! arf !
    Quant à « intelligentzia », c’est sa condescendance humaniste si sympathique qui m’a le plus amusé et fait enrager. Genre : « Ce qui est bien avec toi Ram, c’est qu’on ne sent pas du tout que tu es arabe, t’es vraiment rock’n’roll… » Rien n’est réglé, et rien ne se réglera tant le Capitalisme aura besoin de la religion et de la Nation pour protéger le statu quo des dominants. .

  38. Monsieur Gunthert et autres personnes éclairées, les gens ne sont pas des cons. Nous n’habitons sans doute pas le même quartier, mais les commerçants du mien, les voisins plus ou moins proches, voire des personnes de rencontre, parlent eux aussi, certes en termes moins savants que les votres et peut-être moins informés, mais ça reste à démontrer, des cités, de la misère, du sentiment d’abandon, de l’incurie des politiques, de la finance mondiale, des États voyoux, de notre compromission avec eux, du manque de démocratie, etc etc etc. Ils tracent des liens avec les attentats, certes confus, mais en connaissez vous de nets ? et n’hésitent pas à reconnaitre nos responsabilités. Ils parlent même de l’insuffisance des moyens de lutte contre le terrorisme, comme le font des personnalités bien informées.

    Mais ils ressentent aussi une urgence, celle de notre sécurité, qui va sans doute demander d’envisager d’éventuels accommodements avec notre droit, tout en tâchant de respecter nos valeurs démocratiques, parce qu’ils ont le sentiment d’être en guerre, qu’ils aient tort ou raison et justement ! ça se discute. Comme vous, ils n’ont pas du tout envie de vivre la situation israélienne.

    Ils sont fiers d’appartenir à un pays oh ! combien imparfait, mais qui offre à bon nombre de ses citoyens des ressources enviables pour la plupart des autres habitants de la planète. Ils sont conscients des problèmes, Monsieur Gunthert, mais ils veulent aussi pouvoir vivre des moments d’insouciance avec leurs proches. Ils ne sont pas sûrs de ce qu’il faut faire, ils en parlent (et il leur arrive de dire des conneries, mais qui n’en dit pas ?), ils exercent leurs droits démocratiques. Ils ne sont pas des veaux emmenés à l’abattoir et anesthésiés par les médias.

    Surtout, ils ne se prennent pas pour la Liberté guidant le peuple. « Personne dans nos démocraties ne croit-il donc plus à la démocratie ? » « Personne », ce sont les intellectuels, les journalistes, les politiques ? J’apprécie énormément vos travaux, mais vous aurez compris que comme Sidonie, là, je suis en colère et que oui, je me laisse emporter par mon émotion.

    « Respecter le contrat que nous revendiquons », perspective qui parait aujourd’hui hors d’atteinte ? ça n’est pas avec des généralités aussi généreuses et des dénonciations aussi légitimes soient-elles que nous allons le faire. Désolé ! le chemin n’est pas simple. Il ne faut surtout pas faire croire le contraire. Si « beaucoup » se sentent parfaitement démunis de solutions, c’est que les perspectives pratiques ne foisonnent pas, hormis celles des extrémistes de tous bords.

  39. En réaction à ce billet « juste », j’ajouterais simplement que mentionner la responsabilité (parmi d’autres) d’Israël dans le chaos actuel devient osé !

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  41. @Serge Cannasse: Je ne me prends pas pour la Liberté guidant le peuple (mon physique ne me le permettrait pas…). Je me borne à répondre à des interlocuteurs, ci-dessus, qui ne semblent pas avoir une foi très solide en notre démocratie, puisque ma demande très élémentaire de respect d’un vieux contrat ne suscite que moqueries et cynisme (c’est trop généreux, c’est irréaliste, c’est pas si simple, etc…) – ce qui, ne vous en déplaise, ne fait que confirmer mon diagnostic.

    Juste une question, puisque nous sommes proches de la COP21: vous croyez que lutter contre le réchauffement sera simple? Que les perspectives pratiques foisonnent? Et dans le cas contraire, faut-il se croiser les bras tout de suite? Ou bien cela a-t-il du sens d’essayer de se resituer dans une perspective plus ambitieuse, si celle-ci conduit à des solutions? Oui, je pense que notre monde nous confronte à des défis considérables. J’ai des enfants, cela suffit pour ne pas lâcher prise. Si vous voulez vous mettre en colère, croyez-moi, il y a des objets d’irritation plus appropriés que ceux qui cherchent, humblement, à ne pas faire l’autruche…

  42. @ André Gunthert Ma réaction de colère vient de votre passage sur les gens qui chercheraient à se rassurer en s’affichant bleu blanc rouge sur Facebook. C’est pourtant une façon simple, voire simpliste, et alors ? d’affirmer son attachement à son pays, à ce qu’il représente, à le partager et à se percevoir ensemble. Je ne pense pas que cela vaille uniquement pour les nantis qui s’ignorent comme tels.

    Je ne conteste pas la plus grande partie de votre diagnostic, y compris l’indigence des intellectuels médiatiques. Mais je suis inquiet du fossé de plus en plus grand entre le simple citoyen (quel que soit son milieu social) et ce que vous appelez l’élite culturelle, pas seulement la médiatique, et par la difficulté qu’il y a de proposer des solutions concrètes dans un pays qui préfère souvent l’invective au débat. Oui, bien sûr ! pour l’ambition. Mais ce qui me frappe c’est qu’une fois celle-ci affirmée, on a du mal à la rendre tangible : une fois le diagnostic posé, qu’est-ce qu’on fait ?

    Mon double métier de photographe et de rédacteur m’amène à croiser bon nombre d’intellectuels français, non médiatiques, dont l’immense majorité me semblent passionnants. Mais ils butent tous sur la vieille question : “que faire ?” Beaucoup ont des perspectives locales, sur leur domaine d’expertise, mais les problèmes sont tellement enchevêtrés que beaucoup vont jusqu’à affirmer que notre pays n’est capable de se réformer qu’une fois entré en crise. Ça ne me rassure pas.

    Je crois qu’il faut prendre très au sérieux l’interrogation de Sidonie, parce que c’est une des conditions d’un débat entre tous, pas seulement entre intellectuels. Elle est malheureusement très mal remplie de nos jours. Ça n’est pas facile : étant “vulgarisateur”, j’en sais quelque chose. Mais d’où aussi ma colère, qui n’est jamais qu’une façon d’insister : il faut répondre à l’exigence de Sidonie. Pour terminer, je me mets volontiers en colère et il m’arrive de militer pour un monde meilleur.

  43. Saine colère donc! Comment vous dire à quel point je la partage? Bon, le drapeau, c’est franchement un détail. J’ai le droit à mon ressenti, ou c’est réservé aux non-universitaires? ;) Pour le reste, et sans me défiler, je voudrais tout de même rappeler qu’on est sur un blog, c’est à dire un lieu de discussion, et qu’avant de dénoncer amèrement le fond et la forme comme si on était devant un article de l’Encyclopedia, on peut aussi poser des questions, proposer des pistes – bref, se servir d’un outil qui est là pour faire avancer le débat… Pensez-vous vraiment que je l’estime clos avec ce seul billet?

  44. non ! bien sûr ! je vous l’accorde bien volontiers. quant au ressenti, eh ! bien disons que j’y ai droit aussi :-) et encore une fois : bravo pour votre blog, qui permet tout cela.

  45. Merci pour ces réflexions M. Gunthert nous en avons besoin

  46. Retour PingComprendre | Pearltrees

  47. Retour PingIsraël | castagne

  48. Merci André, pour ce mots, encore une fois très justes. Je me joins à toi pour espérer que ces événements agissent en nous comme un réveil, à prendre soin de tous, à fabriquer une place à chacun-e…

  49. Retour PingConséquences. | Spéculo.

  50. Je me permets de simplement citer l’annonce de la séance supplémentaire « Penser les meurtres de masses » de son séminaire que fera Alain Badiou le lundi 23 novembre au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers :
    POUR aider à ce que les meurtres de masse du vendredi 13 novembre, à Paris et à St Denis, soient pensés au-delà des indispensables affects : horreur, barbarie, stupéfaction.
    Pour qu’aucune propagande ne puisse s’y opposer fictivement pour s’en servir réellement.
    Pour évaluer l’imposture et le péril de ceux qui visiblement se réjouissent, en France ou ailleurs, qu’on puisse enfin crier : « La guerre ! C’est la guerre ! Tous en guerre ».
    Pour que d’abjects meurtres de masse ne puissent se glorifier d’avoir à eux seuls plus d’importance et de valeur médiatique et étatique que toutes les recherches rationnelles d’une politique neuve, toutes les expériences de la pensée et de la pratique en direction des vérités à venir.
    Pour que les peuples du monde, et singulièrement leur jeunesse, ne soient pas acculés au choix accablant entre un fascisme racialo-religieux et le vide agressif de la domination occidentale, du capitalisme mondialisé et des États qui en sont les serviteurs.
    Pour en somme que soit surmontée la fausse et meurtrière contradiction apparente du monde qui est le nôtre : entre la modernité monétaire et marchande d’une part et les différentes variantes du gangstérisme traditionaliste de l’autre.
    Pour que soit sortie de l’ombre et changée en force la vraie contradiction, qui oppose deux termes dont l’identification est l’entrée obligée pour toute pensée qui s’applique à changer le monde :
    1 : le couple guerrier des États dominants et des Bandits fascisants, qui ont un intérêt commun à diffuser dans le monde entier une subjectivité de guerre.
    2 : les porteurs, par leur alliance à construire, du communisme qui vient : prolétariat international et nomade, intellectuels libres, jeunesse à la recherche d’une vie qui soit grande et vraie.
    J’attends avec impatience la vidéo qui sera je l’espère mise en ligne sur le site du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers (http://lacommune-aubervilliers.fr/medias/seminaires-alain-badiou).

  51. Image sociale, on est sur un blog qui prend généralement pour base de travail, l’image, dans toute sa diversité. C’est ce qui en fait la richesse et l’intérêt. Votre regard, votre analyse est très souvent pertinent et personnel.
    Là, dans cet article sur les attentats, il n’est pas question d’image (ce qui était le cas avec Charlie), et donc la question que je me pose, c’est de votre position, dés lors que vous n’êtes plus sur votre terrain, mais sur un terrain généraliste où tout le monde s’exprime.

  52. Question légitime, et souvent posée aux blogueurs scientifiques qui se risquent à l’excursus. J’ai proposé plusieurs éléments de réponse (voir p. ex. http://www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/11/19/865-peut-on-parler-politique-sur-un-blog-scientifique ). En résumé: il est clair que les posts ostensiblement situés hors de mon champ d’expertise n’ont pas le même statut que mes billets habituels. C’est en toute conscience de la fragilité de l’opinion qui s’y manifeste que je choisis de m’exposer, parce qu’un chercheur est aussi un membre de la communauté humaine, avec sa sensibilité et ses passions. A condition de rester ponctuel, cet aveu a valeur de déclaration épistémologique (la science n’est pas située en-dehors du monde). Cette vision de mon travail structure aussi mon enseignement, le choix de mes objets de recherche ou de mes instruments d’expression: c’est le choix du partage plutôt que celui de l’isolement, de l’expérimentation plutôt que de la sécurité, de la vie plutôt que de la règle.

  53. Retour PingDe la chaleur humaine… et un peu de politique. | La Nébuleuse

  54. Et encore ! pas question d’images, sauf qu’au centre du billet a été placée trois dessins de Sfar – agrémentés de texte tant ils sont peu parlant – dont le n°10 est une des choses qui m’aura le plus choqué dans les réactions à chaud provenant de cette couche intermédiaire, entre l’anonyme et l’homme politique, composée d’artistes ou d’intellectuels. Je cite donc : « ils ne savaient pas qu’on leur avait déclaré la guerre » ! Selon Sfar, troublé par la violence des événements sans doute, et cherchant surtout à frapper vite et efficacement sur des réseaux sociaux où il vaut mieux trouver des raccourcis qui parlent à l’émotion plus qu’à la reflexion, les jeunes ne savent donc rien des terroristes de Daesh et de leurs revendications ? Ils ne savent rien des attentats qui tuent chaque jour d’autres jeunes, ou moins jeunes, dans le monde entier ? Cette phrase est choquante à de nombreux niveaux (dont le premier : de quel droit Sfar s’érige en Pythie de ce que la jeunesse sait ou ne sait pas ?) mais en même temps pas si fausse à voir les autres réactions de tous ceux qui ont marqué leur assentiment ému à cette série de dessins. Car, passées la sidération et la consternation évidentes, il me semble qu’un peu de décence et d’éthique devraient nous pousser à ne pas mettre en scène notre compassion, elle qui s’exprime nettement moins bruyamment quand un attentat terroriste a lieu à Ankara, au Kenya ou au Cameroun. La fierté soudaine de beaucoup de mes concitoyens face aux messages de soutien du monde entier, outre qu’elle me parait désigner une profonde fragilité, ne devrait-elle pas plutôt s’ombrer d’une légitime indignation : pourquoi l’Occident s’émeut si peu du reste du monde quand c’est l’Afrique ou le Moyen Orient qui est touché ? Accepter si facilement ce rôle de victime, plainte et aimée, permet effectivement de ne pas trop s’appesantir sur la vérité de toute violence : il n’y a pas de réaction sans action.

    Et j’en viens là au dernier point de ce commentaire forcément trop long : mon étonnement répété face à l’étrange réponse de ceux qui se cabrent face aux points de vue que développe le billet d’ André Gunthert, ou la tribune de Jean-François Bayart dans le Libération du 15 novembre. A les en croire, les Cassandre qui se plaisent à remettre un peu d’auto-critique dans les torrents d’auto-apitoiement ne seraient que des masochistes adeptes de la flagellation, plus prompt à se plaindre de leur faiblesse que de crier « guerre » à l’ennemi aveugle et méchant. La même antienne qu’on avait pu entendre contre Baudrillard au lendemain du 11 septembre. C’est rester là il me semble dans une logique très religieuse (monothéisme) où il faut voir partout la Faute et la Redemption, une logique du Bien et du Mal absolu, terriblement manichéenne, qui passe à côté de la complexité humaine. Je ne me sens en rien coupable de ce qui est arrivé, ni la Société dans laquelle je vis, mais responsable, oui. Penser cela n’est pas se repentir de nos actions passées, ni en profiter pour se rabaisser, mais bien essayer de construire un mode de pensée qui pourrait, A l’AVENIR, permettre de ne pas répéter indéfiniment les mêmes erreurs.

    Reste une dernière interrogation que je me suis posée en remarquant que moi aussi j’avais envie de dire merci pour ce billet. Merci ? Comme tous ceux qui remercient Washington, Prague, Berlin de leur soutien ? Merci à Sfar de dire tout haut leur souffrance muette ? Par là je comprends un peu mieux les commentaires qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Mais je ne veux pas y céder pour autant. Alors monsieur André Gunthert je ne vous dis pas merci. Mais je vous dis bravo.

  55. Retour PingLa guerre, ou la défaite de la pensée | Loïc Ballarini

  56. Retour Ping« Changez votre photo de profil » | L'Art et La Manière

  57. @Stanislas Wails
    Sans prétendre parler pour les autres commentateurs qui ont critiqué cet article, je tiens à signaler que cette critique ne vaut pas adhésion à la fuite en avant sécuritaire et va-t-en-guerre.

    La logique religieuse de la culpabilité et de la rédemption en la matière je suis bien d’accord qu’il faut s’en libérer mais je ne crois pas que les textes comme celui-ci ou votre distinction entre responsabilité et culpabilité suffise à cela. La manière crypto-moralisante d’aborder le problème elle est présente dans l’usage du nous dans ce texte comme dans d’autres (je pense en particulier à un texte de Pacôme Thiellement « Nous sommes tous des hypocrites » qui a eu un certain succès après le 11 janvier).
    Je crois qu’il faut se méfier du storytelling avec un « nous » et un « eux » même si on ne peut pas complètement s’en passer. Certes celui d’André Gunthert ou « notre » imperfection alimente « leur » ressentiment vaut sûrement mieux que celui ou le « nous » est le bon civilisé et le « eux » le méchant barbare. Mais dans les deux cas on simplifie la complexité des relations causales pour « donner du sens » et on gomme la diversité des acteurs aussi bien du côté du « nous » que du côté du « eux ».

  58. @Elias –
    Mais moi ce qui me gêne justement c’est ce soupçon de « crypto » quelque chose dès que quelqu’un avance un argument de type « essayons de comprendre que le clivage victime/bourreau est piégé, peu conforme à la réalité, et inopérant. » Si je dois reprendre vos termes, c’est aussi du storytelling, de vouloir découvrir à tout coup 1/un moralisme et 2/ un moralisme caché dans toute personne essayant de renverser un tant soit peu la logique de l’émotion. Il doit exister chez certains, certes, mais ce n’est pas forcément le terreau de cette façon de voir les choses. On peut dire « ne nous dédouanons pas si vite en posant à la victime » sans créer dans le même coup un clivage nous/eux (au contraire, même, puisque le principe est de dire que victime et bourreau ne sont pas opposés, mais deux poles d’une même donnée, constamment interactifs), et on peut le dire sans visée moralisatrice, juste pour essayer d’éclairer l’enchainement des séquences complexes d’une lumière plus rasante qu’écrasante.

  59. Merci pour les soutiens! Oui, moi aussi, je dois dire que je trouve un peu surréaliste de vouloir en rester au niveau de la culpabilité et de la morale… Ce billet n’aurait jamais rencontré l’écho qui est le sien (30.000 clics en 48 heures, c’est assez rare…), s’il n’était animé que par l’auto-flagellation, l’angélisme ou la bienpensance – toutes catégories qui en disent plus long sur ceux qui les tartinent en pilotage automatique que sur les questions que je pose. Je suis tout aussi navré pour ceux qui ne s’estiment rassurés que si je répète le mot Daech, qu’ils entendent déjà sur toutes les longueurs d’ondes, pour vérifier ma conformité à la norme accusatoire…

    129 morts, après Charlie et le Thalys, cela signifie de manière assez évidente que quelque chose ne fonctionne pas. Le renseignement, sans aucun doute, mais on n’a pas besoin de moi pour le dire. Ce que je souligne, pour l’exprimer de la manière la plus simple, c’est que nos démocraties sont très affaiblies par leurs contradictions. Je me fiche bien de savoir qui est coupable de cette situation, ce qui m’importe est de réfléchir à la corriger. Car diminuer ces contradictions, ce n’est pas nous abaisser, mais au contraire nous rendre plus forts.

    Pour ne pas en rester à cette étape de la discussion, j’ajoute, et nous pouvons le vérifier aujourd’hui de la manière la plus claire, que toute menace terroriste renforce le pouvoir en place, tout en le poussant à opter pour des réponses policières ou militaires, qui sont les plus immédiates et les plus visibles. Tel est ce que j’appelle un scénario à l’israélienne, là encore sans me préoccuper des causes, qui ne sont pas comparables, mais seulement des résultats d’une politique, qui risquent malheureusement de l’être. J’ai le regret de dire que le film a commencé. Le catalogue de mesures de Hollande montre qu’il a décidé de jouer sa réélection – sinon largement compromise – sur le dossier terroriste. Un tel pari nous (oui, nous) fait courir les plus grands risques… Ce n’est pas de la morale ni du crypto-moralisme, c’est de l’effroi et de la colère!

  60. Bonjour,

    Je lis votre article et j’y souscris totalement, heureuse de ne pas me sentir trop seule avec des opinions presque taboues en France (comme je l’ai été après l’attentat à Charlie hebdo). Je voudrais donner mon avis sur les évènements : Pour moi cette situation ne semble pas sans solution comme je l’entends partout, ou sans autre solution que la poursuite de la violence qui semble taquiner chacun vers une envie de catastrophe… Et en prenant le risque de sortir du débat installé sur ce blog, je me permettrais de dire que la simplicité du problème n’est pas vue et ne veut pas être vue par tous ceux qui en parlent !

    Intellectuels, le problème est concret, il faut donc aussi parler concret ! Armée, bombes, guerre, et non pas discuter seulement de dessins d’humour en laissant les spécialistes : généraux, politiques être à l’action.
    Il faut avoir des idées sur ce que notre pays doit faire au lieu de se cacher la tête dans le drapeau en allumant des bougies.

    Pour moi, seule une intervention des pays occidentaux (France et USA en avant) auprès d’Israël s’impose, paradoxalement, et avec le courage de lui imposer de ne PLUS dépasser ses frontières sous aucun prétexte et sous peine d’attaques armées venant d’occident.
    Seule cette intervention-là réduirait les conséquences du préjudice fait aux palestiniens à cause du sionisme, préjudice fondateur de tout le terrorisme au Moyen-Orient. Cette intervention qui ne serait que justice apaiserait en partie la haine véritable que nous vouent tous les peuples lésés colonisés, haine que nous ne mesurons pas, croyant être aimés de partout comme nous nous aimons nous même, « narcissiquement »…

    Cette haine est à la source du terrible mouvement de Daech.

    Il ne suffit pas de s’apercevoir que nos barbares attaquants sont sanguinaires et qu’ils ne sont pas comme nous. Il faudrait s’apercevoir aussi que nos frappes ne seraient jamais restées sans réponses quelque soit l’ennemi. La guerre que nous menons (et dont on nous informe un peu trop discrètement) implique attaques et ripostes. Il est un peu snob mais si parisien de s’offusquer de la forme donnée à ces ripostes :  » Comment ? Pas Paris quand-même, pas le Bataclan, pas les cafés et restaurants de nos heureux parisiens ! »
    Aurions- nous préféré des attentats en campagne profonde ? Ou chez de « méprisables » paysans ? Ou plutôt en Europe, mais à l’étranger : Le Portugal, la Belgique ne sont pas le berceau des droits de l’Homme… alors Pitié Majesté, pas à Paris !!!!!!  »

    L’indécence de cet état d’esprit qui ne met pas tous les lieux à égalité et qui continue à écraser de sa superbe le reste du monde me fait penser que le pays des lumières est parfois bien sombre.

    Sophie

  61. Merci, André Gunthert pour vos précisions.

  62. Je me souviens amèrement de cette intonation de Marie-José Mondzain

    à votre égard lors du blablabla Aylan (France Culture)

    et de ce désormais rituel « le-spécialiste-des-images ».

    Je me souviens de Barthes : Je suis malade. J’entends le langage.

    CV ? Culture visuelle ? Café visuel ? Prosecco génial ?

    Une piste : Portrait non encore rédigé.

    http://www.liberation.fr/apps/2015/11/13-novembre/

    Certains portraits sont en cours de rédaction.

    Alors, quitte à se risquer à l’excursus :

    http://www.larevuedesressources.org/bienvenue-dans-un-monde-de-plomb,2784.html

    On voit le dispositif.

  63. @Sophie Barraud,

    relisez le texte de revendications des types qui ont commis ces crimes : il n’est question ni d’Israël ni du sionisme.

    ce que vous dites sur le fait de faire la guerre à Israël correspond plutôt à vos revendications à vous, vous pourriez à la limite postuler pour écrire les prochains textes de revendications des islamistes.

    le problème est que même si vous deviez rayer Israël de la carte cela ne stoppoera cette idéologie islamiste, si vous tenez vraiment à satisfaire à leurs demandes il va vous falloir en faire beaucoup plus.

    la cause palestinienne a servi de chiffons rouges que les dirigeants des pays arabes ont agité devant les yeux de leurs peuples pour continuer de les spolier, aujourd’hui les arabes essaient de s’en libérer pour faire face à leurs véritables problèmes sociaux, le mieux qu’ils attednent de nous, européens ce n’est pas qu’on prenne le relais de leurs dirigeants.

    de plus, il est inutile de vous rappeler que la tentation de désigner les juifs comme responsables de tous les malheurs et de la peste noire est une vieille coutume européenne vieille de 2000 ans d’histoire, et dont il semble, à vous lire, difficile de se défaire.

    non le conflit israélo palestinien n’est pas la cause du djihadisme.

    s’il faut rechercher la cause idéologie de ce nihilisme qui exalte le sacrifice humain il faut plutôt aller chercher du côté du wahhabisme, ou du salafisme mais certainement pas du côté d’Israël.

    il me sembe que nous vivions des temps de grandes confusions mentales et intellectuelles, si chacun rajoute à cette confusion ses propres obscessions cela ne peut que rajouter de la confusion à la confusion,

    bien à vous.

  64. Je laisse passer ce commentaire, en réponse à celui de Sophie Barraud, mais les interventions suivantes sur le conflit israélo-palestinien seront modérées.

    Ce dont ce fil témoigne, et que l’on peut constater plus largement, c’est qu’à l’inverse de l’illusion d’unanimisme qui avait brièvement suivi les attentats de Charlie, les divisions et les antagonismes se manifestent aujourd’hui sans délai et de manière bien plus marquée. Une société des inégalités est aussi une société brisée, dans laquelle il est à l’évidence de plus en plus difficile de dégager des espaces communs.

  65. @André Gunthert,

    je ne partage pas votre avis sur le manque d’unanimisme et les divisions suite à ces attentats.

    au contraire (j’ai même lu le papier du chanteur du groupe toulousain Zebda disant qu’il était fier d’être français) il semble que contrairement à Charlie on constate un consensus sur les valeurs incarnées par la France, un consensus « à minima », à savoir qu’au delà des problèmes d’inégalité sociales (qui bien réels), les français se rendent compte de l’importance à de choses dont ils n’avaient pas conscience avant ces attentats, comme la liberté d’aller écouter un concert de rock ou manger dans un resto cambodgien, j’en suis étonné, cele ressemblerait presque à un retour en force de concepts hobbesiens sur ce qui fait un état de droit protégeant les individus, et sur le fait que mener un combat politique pour combattre les injustices sociales vient après, une espèce de remise en ordre de l’importance des choses.

  66. Retour PingVendredi noir | Le vent qui souffle

  67. Retour PingAttentats à Paris : après l'horreur, quelles erreurs devons-nous éviter ? - Video.vogsphere

  68. Retour PingAttentats à Paris : après l’horreur, quelles erreurs devons-nous éviter ? | Soyez curieux

  69. Parmi les nombreux commentaires qui sont venus documenter « l’entrée en guerre » de la France, je retiens tout particulièrement, dans des registres différents, l’analyse de l’ancien ministre Dominique de Villepin et celle de l’anthropologue Alain Bertho, dont je partage le sentiment:

    « La guerre ne nous rend pas plus forts, elle nous rend vulnérables », Libération, 25/11/2015, http://www.liberation.fr/debats/2015/11/25/la-guerre-ne-nous-rend-pas-plus-forts-elle-nous-rend-vulnerables_1416115

    « Il faut être clair: un monde a pris fin, il n’y aura pas de retour en arrière », Bastamag, 26/11/2015, http://www.bastamag.net/Il-faut-etre-clair-un-monde-a-pris-fin-il-n-y-aura-pas-de-retour-en-arriere

  70. A compléter par l’analyse du géographe Pierre Beckouche: ”Terroristes français : une géographie sociale accablante”, Libération, 28/12/2015, http://www.liberation.fr/france/2015/12/28/terroristes-francais-une-geographie-sociale-accablante_1423279

  71. Retour PingRefuser la causalité pour effacer la responsabilité? – L'image sociale

Les commentaires sont clos.