Notes

12 images pour 2017

Images remarquables, débats iconographiques, énigmes visuelles: depuis 2015, L’image sociale propose le relevé des principaux cas. Une collection pour garder la mémoire, et préparer l’histoire (ordre chronologique inverse).

L’inquiétante étrangeté de la caricature antisémite. Gérard Filoche a été exclu du parti socialiste et voué aux gémonies pour avoir rediffusé un photomontage antisémite le 17 novembre dernier sur son compte Twitter. Je laisse de côté l’interrogation de l’opportunisme politique de ses (ex-)camarades de parti…

Dove, une image qui trompe énormément. Comment vérifier les processus d’interprétation des images, lorsqu’on ne dispose pas de lourds moyens d’enquête? De nombreux cas de réception peuvent être analysés comme autant d’expériences sociales spontanées, pour autant qu’on les observe sous l’angle approprié.

Distracted Boyfriend, ou la critique du stéréotype. Le mème «Distracted Boyfriend» (décrit sur Knowyourmeme et auquel je consacre ma chronique pour Arrêt sur images), qui a sévi à la fin de l’été, mérite qu’on s’y attarde. Reprise tardive d’une photo de stock de 2015…

Un tournant: la Terre inhabitable. En dépit de centaines de films post-apocalyptiques, l’humanité ne finira pas dans une catastrophe nucléaire, ni dévorée par les zombies: elle finira cuite, et plus vite qu’on ne pense. Tel est le pitch de l’article très remarqué du New York Magazine du 10 juillet (voir son résumé français sur Usbek et Rica), qui prend pour la première fois la parti de décrire les effets du réchauffement climatique en dressant le portrait d’un monde insupportablement chaud.

Okja: l’art, le cochon et le document. Fable grinçante, Okja (Bong Joon-Ho, Netflix, 2017) est le premier film grand public animaliste (auquel je consacre ma troisième chronique pour Arrêt sur images). Mettant en scène une cause encore embryonnaire (le parti animaliste français a présenté ses premières candidatures…

Wonder Woman et l’image des femmes. Pour ce premier épisode, j’ai retenu le démarrage en fanfare aux Etats-Unis du blockbuster Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017), cas très intéressant qui révèle à la fois le décalage persistant entre les attentes du public…

Le portrait et le kebab. Parmi les formes protocolaires du spectacle présidentiel, le portrait officiel a un statut singulier. Figure rituelle de l’intronisation, il participe de l’inscription du nouveau venu dans l’histoire, en l’installant à son tour dans la série de ses pairs. Image, il a pris peu à peu valeur de signe, au sens désuet des symboles choisis par un monarque pour caractériser son règne. Accompagnement imprescriptible de la vie des Français, diffusé dans chacun des lieux qui réfracte une parcelle du pouvoir républicain…

L’air chagrin du pontife. Lors de son premier déplacement international en tant que président, Donald Trump a notamment rencontré le pape François au Vatican, le 24 mai 2017. Une photographie par Evan Vucci (AP) de cette audience a rapidement suscité des réactions moqueuses…

La campagne en gros plan. Encore Libé! Encore des portraits! Encore des Unes! Encore du traitement éditorial! — Eh oui! Est-ce ma faute s’il n’y a plus qu’une rédaction qui s’amuse avec les photos? Et si j’aime la photographie, j’aime aussi le journalisme visuel, celui qui fait parler les images, à travers les codes subtils du portrait…

L’effet ‘Blow up’. Dans le célèbre film d’Antonioni, Blow up (1966), un photographe découvre, en agrandissant les clichés pris par hasard dans un parc, les images d’un meurtre. Ce scénario est souvent lu comme une illustration exemplaire des thèses de la trace photographique…

Une image énigmatique contre la bulle de filtre. Retour sur la bulle de filtre, théorie a priori séduisante, selon laquelle l’algorithme des réseaux sociaux limite notre espace conversationnel en le confinant à celui de nos préférences – mais qui présente le défaut de ne pouvoir être démontrée par aucun fait d’observation. Au contraire. Hier encore, la démonstration que Facebook est un espace plus pervasif…

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